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10 mars 2016

[Brève] Critique : Citizens of Earth

Citizens of Earth 16/20


Descendant direct de Earthbound (ou Mother, pour les puristes), ce jeu édité par Atlus — à qui l'on doit notamment la série des Megami Tensei ou Etrian Odyssey — est un cri d'amour au RPG Super Nes qui n'aura jamais vu le jour dans nos contrées. Si vous êtes fans du genre et que vous n'y avez jamais joué, arrêtez tout et foncez le parcourir, car c'est vraiment l'un des meilleurs jeux de la console. Ensuite, vous serez digne de lire le test qui suit. Mais pas avant. Allez zou, filez mécréants.

Earthbound, inspiration directe de CoE.

Une fois de plus, les amoureux des graphismes full hachedé quatre quarts photo-réalistes pourront passer leur chemin. On est dans le JRPG old school aux couleurs chatoyantes. Cependant, ce n'est pas non plus du graphisme pixelisé 8 bits qui fait tant horreur à certains. C'est même plutôt l'inverse, et la première impression qu'on a quand on lance le jeu, c'est que c'est bôôôôô et que ça claque. L'animation des personnages est excellente, c'est fluide, et on a l'impression d'évoluer dans un dessin animé interactif. Vraiment de ce côté, rien à dire.

Visuellement, ça claque, rien à reprocher de ce côté-là.

Un des éléments marquants de Earthbound était son scénario complètement fumé et son ambiance totalement à part. Sur ce point-là, Citizens of Earth fait honneur à son aîné et propose une histoire bien loufoque : vous incarnez le Vice-Président du Monde, fraîchement élu, qui se doit d'aller calmer les opposants qui ont envahi sa petite ville. Le réveil est difficile, heureusement votre maman (chez qui vous vivez encore) est là pour vous sortir du lit et vous pousser à remplir vos obligations politiques. C'est donc la tête dans le pâté que vous sortez affronter cette populace hostile, mais avant, vous aimeriez bien prendre un petit café au Moonbucks du coin. Sauf que du café, y en a plus, le dirigeant est aux abonnés absents. De fil en aiguille, vous retrouverez sa trace dans les sous-sols et vous rendrez compte qu'il a pas l'air très en forme. Après lui avoir remis les idées en place, le Moonbucks (qui était en fait une soucoupe volante déguisée) décolle et fuit la ville. Vous décidez alors d'en faire part au Président, et c'est ainsi que débute l'aventure. C'est complètement absurde, je sais, mais c'est ça qu'on aime.

Le manager du Moonbucks a mangé un truc pas frais.

Si le scénario est inhabituel, le gameplay l'est tout autant : votre personnage ne combattra jamais. En effet, en tant que représentant politique, il est inconcevable que vous vous salissiez les mains. C'est donc les citoyens que vous recruterez au fur et à mesure de votre progression qui le feront pour vous. Chacun d'entre eux disposant de caractéristiques et de pouvoirs bien différents, il faudra alors bien étudier la composition de votre trio, afin que leurs synergies soient les plus efficaces possibles. D'autant plus que, quand un perso gagne un niveau, des points bonus lui sont attribués dans certaines caractéristiques en fonction des petits camarades qui l'accompagnent. Bien constituer son équipe n'est pas une mince affaire car, au total, c'est 40 membres que vous pouvez recruter ! Pour ce faire, il suffit parfois de simplement leur parler, ou alors de réaliser une quête annexe avant qu'ils acceptent de vous rejoindre. Quelques uns d'entre eux sont soumis à des conditions de recrutement assez pénibles car purement aléatoires.

Le menu de gestion des personnages est en fait une tablette offerte par votre maman.

En plus du nombre conséquent de personnages à votre disposition, CoE reprend les particularités d'Earthbound concernant les combats. Tout d'abord, pas de rixe aléatoire : les ennemis sont visibles, et vous pouvez les éviter à loisir. C'est toujours appréciable. De plus, une fois le combat lancé, pas de choix comme « attaquer », « magie » et autres classiques. Ici, chaque personnage dispose d'un menu qui lui est propre, en fonction de ses capacités (la maman aura, par exemple, des attaques de type « Gronder » ou des soins de type « Câlins »). Les compétences sont réparties en deux catégories : la première vous permettra de remplir vos points d'action (souvent, ce sont des attaques ou des buffs de faible efficacité), alors que la seconde vous permettra de les dépenser (et là, les compétences font en général très mal, ou permettent d'apposer des buffs/debuffs de masse).

Évidemment, certains personnages sont spécialisés dans l'attaque physique, d'autres centrés autour des buffs, ou encore des soins. La profusion de skills et de combinaisons a de quoi faire tourner la tête et ravira les amateurs de theorycraft. Malheureusement, le nombre de personnages est tellement énorme qu'il y a très peu de chances que vous vous serviez de chacun d'entre eux. Derrière cette fausse complexité se cache au final un système de combat très réducteur, qui ne vous donne que très peu de marge sur l'évolution de vos recrues, et où la seule donnée que vous pouvez faire varier est la synergie entre les skills de l'équipe utilisée à un instant T. Pour être tout à fait honnête, à la fin du jeu, j'appuyais sur A en boucle, en utilisant toujours les mêmes bonshommes et les mêmes capacités.

Les menus d'attaque n'ont rien à voir avec les JRPG traditionnels.

Une autre bonne idée des développeurs a été d'attribuer une capacité bien spécifique à chaque personnage, qui est utilisable à tout moment sur la carte du monde (si tant est que votre situation vous le permette). Par exemple, le vendeur de voitures vous mettra son bolide à disposition, afin que vous puissiez rapidement vous rendre d'un point A à un point B reliés par une route, le maître-nageur vous permettra de respirer sous l'eau, etc. Si certaines compétences sont obligatoires pour faire avancer la quête principale, d'autres sont totalement optionnelles mais permettent de gommer certains aspects pénibles que l'on retrouve dans d'autres RPG. Tout ce que vous pourriez imaginer est disponible : changement de l'heure, de la difficulté, de la météo, du zoom, de la musique, etc. On peut modifier la vitesse de jeu ! Cependant, tout n'est pas vert non plus de ce côté : le jeu de base étant très facile, on pourrait penser que pousser la difficulté plus haut rendrait celui-ci plus challenging pour les plus aguerris d'entre nous. Sauf qu'en fait, c'est un bête multiplicateur : en x2, vous faites 2 fois moins mal, vos adversaires ont 2 fois plus de résistances et 2 fois plus de PV... Au final, c'est injouable et vous revenez vite en arrière. Le 4x est absolument inaccessible sauf en grindant des heures et des heures et en abusant du respec de la prof de yoga qui permet d'échanger votre niveau contre des points de stats. Autant dire que l'intérêt est proche du zéro. Autre grosse frustration : la capacité d'accélérer le jeu n'est disponible qu'en toute fin de partie. Un choix incompréhensible de la part des développeurs, qui aurait permis de rendre certains passages bien plus agréables.

Au final, Citizens of Earth est un bon petit JRPG qui surfe sur la nostalgie du joueur en lui proposant une aventure loufoque et agréable à l’œil directement inspirée d'Earthbound. Cependant, le jeu souffre de quelques petits défauts qu'il introduit lui-même, à vouloir trop bien faire. L'agréable surprise des options offertes par les capacités des personnages retombe vite quand on se rend compte qu'elles sont, soit mal calibrées (la difficulté), soit rendues disponibles trop tard pour en tirer pleinement partie (la vitesse de jeu), soit inutiles (le zoom, qu'il faut reconfigurer à chaque changement d'écran). On regrettera aussi le nombre trop important de personnages, qui empêche de pouvoir approfondir chacun d'entre eux, et donne l'impression de passer à côté d'une partie du contenu. Cependant, pour les fans du genre, l'aventure reste très agréable, car bourrée de dialogues très drôles et de références à son grand frère. Pour moins de 10€, ce sont une vingtaine à une trentaine d'heures de plaisir léger qui s'offrent à vous.

7 mars 2016

[Brève] Katawa Shoujo, du loli porn à la réflexion transcendante

Io les moches. Vous connaissez tous 4chan, j’en suis sûr. Les photos de shemale, de loli, toutes ces choses qui sont ensuite reprises par ces pédés de chez 9gag et reddit. D’ailleurs, 90 % des memes vient de 4chan, vos troll face, vos rage comics, le rickroll et autres joyeusetés numériques viennent de là-bas. Mais en dehors du fait d’être l’antichambre de l’Internet connu, saviez-vous que les gugus de 4chan avaient un studio de développement ? Et qu’ils avaient sorti un jeu ?

Non ?

Si ?

Ça sert à rien de répondre, j’entends rien de toute façon.

Ce jeu c’est Katawa Shoujo (littéralement « fille en mille morceaux ») et c’est ce dont je vais parler aujourd’hui.

Les principaux personnages du jeu (cliquez pour voir en plus grand).

KS (on va abréger) est un type de visual novel appelé dating game. Il vous met dans la peau d’un ado et vous devrez, à travers vos décisions, choisir votre petite amie virtuelle et lui faire péter la boîte à Benco.

Vu, revu et déjà vu me direz-vous ?

Oui mais… pas que. Ce qui fait la particularité de KS, c’est que chaque jeune dame que vous pourrez doucement courtiser est munie d’un handicap physique conséquent.

On a : l’aveugle, la brûlée, la fille qui n’a plus de genoux — « tu bluffes Martoni, ton flingue, il est pas chargé » — la fille qui n’a pas de bras et, enfin, la sourde.

Ce jeu, au-delà des personnages extrêmement variés et attachants, aborde surtout une thématique assez forte, celle de la persévérance et de l’éternel combat de l’homme contre la machine. Les personnages veulent tous une chose qu’ils ne peuvent normalement pas atteindre et devront redoubler d’efforts pour y parvenir : la manchote veut faire de la peinture, la cul-de-jatte de la course, etc. Cette thématique est même présente dans notre personnage qui, atteint d’une maladie cardiaque, cherche… l’amour.

Les dessins sont tous très beaux et, contrairement à ce qu’on pourrait croire, non, 4chan ne s’est pas servi d’handicapées pour faire du porn trash dérangeant. Les rares scènes de sexe sont toutes extrêmement bien justifiées et ont leur place dans l’histoire. Mais toi, jeune lecteur, tu pourras les sauter si tu coches la bonne case dans le menu.

Bref, bonne histoire, bons dessins, personnages excellents, KS est clairement mon dating game préféré. On regrettera quand même un léger manque d’interactivité.

Jouez bien, portez vous bien.

Bisous, Zeke.

3 mars 2016

[Brève] Critique : Stealth Inc 2

Clone moi si tu peux…


Stealth Inc. 2 est un puzzle platformer à l’ambiance sympathique, doté d’une histoire anecdotique mais qui suffit à justifier les pérégrinations de votre personnage. Vous incarnez un clone (que l’on nommera John McLone histoire de remplir le quota blagues pourries de cette review) issu d’une chaîne de production d’un laboratoire dont la seule occupation de ses employés est de concocter des salles de test vouées à exterminer vos petits camarades de la manière la plus sadique qui soit (lasers, roues dentées et écrasements sont bien évidemment au menu). Pourquoi ? Dans quel but ? On ne le saura jamais (et honnêtement, on s’en tamponne un peu).

John est le malheureux clone choisi par Malcolm, un employé zélé qui n’est vraiment pas content d’être deuxième au classement des scientifiques qui ont buté le plus grand nombre de ces petits rats de laboratoire. Il est à une unité de rejoindre son grand rival et décide donc de lancer une dernière extermination avant de rentrer chez lui rejoindre Bobonne et Rex suite à une bonne journée de travail. Vous vous en doutez, il regrettera vite son geste car vous n’êtes pas un clone comme les autres. Non, vous, vous êtes le clone supérieur, le pontife de l’évasion, l’ayatollah de la discrétion, le Michael Scofield des laboratoires et vous allez lui mener la vie dure en vous frayant un chemin à travers tous les pièges qui vous attendent.

Voilà donc la justification trouvée par les développeurs pour vous faire enchaîner des puzzles tous plus retors les uns que les autres. Pas de panique cependant, la difficulté monte crescendo et les salles sont groupées autour d’un thème commun. En effet, afin de permettre de varier les plaisirs et de ne pas tomber dans la routine, tous les dix puzzles, le gadget utilisé par John changera. Chaque accessoire ayant une fonctionnalité bien précise (création d’un clone, contrôle d’un ennemi, etc.), la physionomie et la philosophie des salles s’en trouveront drastiquement modifiées. Pour chaque groupe de salle, les premiers puzzles vont vous permettre de prendre en main votre nouveau joujou puis de vous lancer dans le grand bain avec des tests bien plus chiadés. Les niveaux les plus avancés restent cependant très abordables par le joueur moyen si l’on ne cherche pas à obtenir le rang S car les checkpoints sont nombreux et on peut mourir indéfiniment. Obtenir le meilleur grade est cependant une autre paire de manches car il faut à la fois réaliser un chrono inférieur à un temps donné, ne jamais mourir et ne pas se faire repérer (ou se faire repérer un minimum de fois dans certains cas particuliers). Car oui, l’infiltration est de mise dans le jeu et il faut constamment se servir des ombres et plates-formes bloquant le champ de vision de vos ennemis. Vous l’aurez compris, vouloir finir le jeu à fond fait entrer celui-ci dans une autre dimension et ne sera pas à la portée de tout le monde.

Chérie, ça va sproutcher…

Rassurez-vous, les salles ne s’enchaînent pas bêtement, mais sont réparties par zones dans un hub assez massif et agréable à explorer, qui représente un puzzle à lui tout seul. Car en plus de devoir fouiller pour trouver chaque niveau, des costumes sont cachés un peu partout et vous demanderont une exploration poussée si vous souhaitez tous les collecter. C’est un petit plus toujours appréciable pour les complétionnistes, qui augmente un peu plus la durée de vie déjà fort honorable du soft. En ligne droite, sans se soucier des rangs et de l’exploration, il faudra compter moins d’une dizaine d’heures. Comptez cependant une bonne quinzaine d’heures pour faire le tour complet du jeu.

Les ombres et lumières font partie intégrante du jeu, il est important de s’en servir pour se planquer.

Stealth Inc. 2 est donc un excellent représentant des puzzle platformers qui mérite sa place dans la ludothèque des amateurs du genre. La difficulté est correctement calibrée, l’exploration du monde principal très agréable et le rythme suffisamment marqué pour ne pas lasser le joueur. L’ambiance globale du jeu, enfantine et rigolote malgré le fond du sujet, est très agréable et on se prend à rire aux messages de Malcolm qui s’énerve quand on réussit un puzzle ou a contrario se moque quand on s’éclate comme une bouse dans un jeu de scies. Une franche réussite, un peu chère au prix d’appel de 15€, mais qui mérite le détour.

29 février 2016

[Brève] 10 techniques pour passer un an en Nouvelle-Zélande sans améliorer son anglais

La Nouvelle-Zélande, c'est vraiment un pays formidable. Les paysages sont magnifiques, et en plus, c'est ultra-facile d'y aller grâce au visa vacances-travail. Il y a cependant un problème majeur, c'est un pays très majoritairement anglophone, et y passer un an pourrait bien réussir là où quinze ans de cours ont échoué : vous apprendre l'anglais.

Et croyez-moi, vous ne voulez pas ça : s'il y a bien une chose dont on est certain qu'elle fait partie de l'identité nationale française, c'est bien qu'on est nuls en anglais. C'est bien pour ça qu'il existe une frontière entre les Belges, les Suisses et nous. Imaginez-vous revenir bilingues, tous vos amis se détournant du mec pédant que vous êtes devenu : l'horreur !

Heureusement, il existe un certain nombre de techniques qui, appliquées avec précision, vous permettront de limiter au maximum vos contacts avec l'allophonie, et de garder intact votre précieux accent franchouillard. Laissez-vous guider !

Tapotupotu Bay. (Cliquez pour voir en plus grand.)

1) Partir entre Français

Que ce soit en couple, entre amis, ou même avec des inconnus, tout est mieux que de partir seul ! En effet, une fois seul, vous allez être obligé de lier contact avec des étrangers, qu'ils soient Kiwis ou d'autres voyageurs, et dans ce cas — malheureusement — l'anglais s'impose la plupart du temps... Vous ne pourrez même pas utiliser votre mauvaise maîtrise de la langue comme excuse pour ne pas parler : les gens sont beaucoup trop aimables et feront beaucoup d'efforts pour vous comprendre !

2) Acheter ou louer un van

Le van, c'est vraiment idéal : pour peu que vous soyez en couple ou entre potes, les interactions avec le monde extérieur sont limitées au maximum. Nul besoin de parler au chauffeur de bus, au réceptionniste de l'auberge ou aux autres voyageurs : vous partagez votre voyage à deux et n'êtes forcés de parler anglais qu'en de rares occasions : contrôle technique, supermarché...

3) Rester en contact permanent avec la mère-patrie

Il est très important pour ne pas perdre son français d'utiliser toutes les technologies possibles pour ne pas perdre une miette de ce qui se passe en France. Une heure de Skype, 50 messages sur Messenger et autant sur WhatsApp, un statut Facebook et une retransmission d'émission française par jour, c'est le minimum.

4) Rechercher les Français partout où on va !

Heureusement, vous n'êtes pas le seul Français en Nouvelle-Zélande. Lors d'une randonnée, dans une auberge, dans les domaines : ils ne sont pas difficiles à trouver ! Même s'ils sont de moins en moins à arborer la moustache et le béret, ils sont en général déjà en train de parler français entre eux. Dans le cas improbable où ils seraient en train de parler anglais, pas d'inquiétude : leur accent devrait les trahir. À partir du moment où vous les avez trouvés, faites bien attention à ne jamais les perdre et voilà une belle soirée entre Français qui s'annonce (le fromage et le saucisson en moins).

5) À défaut, se rabattre sur les autres francophones.

Belges, Suisses, Québécois sont plus rares que vos compatriotes, mais peuvent vous sauver la vie dans une auberge remplie de Teutons. Ils peuvent parler anglais à votre place. En plus, vous pourrez vous libérez de toute la frustration induite par les multiples blagues sur votre accent, en vous moquant du leur !

6) Faire toutes ses réservations via Internet

Internet, c'est magique : on remplit un petit formulaire, on rentre les coordonnées bancaires, et hop, la croisière, le bus, l'auberge sont réservés ! Pas besoin de téléphoner, de se rendre à l'office de tourisme ou sur place... Parfait si vous utilisez la fonction traduction de Google Chrome.

7) Éviter le stop, le couchsurfing, le wwoofing, HelpX...

Tous ces réseaux d'entraide font certes économiser beaucoup d'argent, mais c'est comme vendre votre âme au diable : ils vous obligent à sortir de votre bulle confortable et à discuter avec la personne qui vous prend en stop ou vous héberge. Vous pourriez découvrir que les locaux sont hyper-sympas et finir par les préférer aux Français. Mais là, finie l'exception culturelle !

La Sky Tower d'Auckland colorée en hommage aux victimes du 13 novembre.

8) Trouver un travail sans contacts humains

Les voyageurs en vacances-travail trouvent en général du boulot dans deux champs : l'agriculture et l'hôtellerie-restauration. Préférez cette première : c'est la garantie d'un boulot répétitif, donc sans besoin de communication avec le patron, ou pire encore, des clients !

9) Suivre assidûment le groupe « Français en Nouvelle-Zélande »

Vous recherchez un covoiturage, voulez faire une sortie ou désirez savoir le prix du ferry entre Wellington et Picton ? Évitez à tout prix la recherche Google (le site d'Interislander est en anglais !) et posez la question sur le groupe Facebook. Il y a quelques autres solutions, tels que la page « Communauté Française de Nouvelle-Zélande » ou le site PVTistes.net mais faites attention à ne pas utiliser « Backpackers New-Zealand » ; tout le monde y parle anglais (ou parfois allemand ce qui est pire).

10) Écrire soi-même sur un blog

… des articles en français, exclusivement destinés à la communauté francophone du pays : voilà une bien belle façon de perpétuer cet état de fait si confortable !


J'ai bien conscience que ces techniques ne sont pas faciles à appliquer : acheter un van, par exemple, n'est pas à la portée de tout le monde. Cependant, si vous y parvenez, alors il est bien possible que vous retourniez en France sans amélioration notable de votre niveau d'anglais, et ça, ça n'a pas de prix ! La prochaine fois, on verra les meilleures astuces pour apprendre l'allemand en Nouvelle-Zélande.

Le livre omniprésent dans les auberges de jeunesse néo-zélandaises.

28 septembre 2015

Harry Potter, c’est n’importe quoi…

Aaah Harry Potter… Qui n’a jamais lu cette saga palpitante ? Vous avez le droit de répondre « moi », mais alors je vous tase la gueule, c’est à vous de voir. Ça n’a rien de personnel, hein ! C’est juste que si vous n’avez pas lu les livres (genre, si vous êtes le genre de feignasse qui n’a fait que regarder les films), vous n’allez pas comprendre grand-chose à l’article, alors autant que vous occupiez votre temps à des activités plus saines, comme découvrir le breakdance sous LSD.

Bref, revenons à nos moutons. Harry Potter est une saga palpitante. Mais complètement conne, quand on regarde bien. Ah, je vois que les fanboys et fangirls sortent le taser, bon réflexe ! Mais prenez le temps de lire, vous verrez que je raconte pas que de la merde. Et comme il se doit, un plan en trois parties, parce que même si je jacte comme un chacal, c’est pas une raison pour être bordélique.

Les films

C’est sûrement la partie la plus ratée de la saga. Ah je dis pas, ils savent donner du spectacle, et une fois qu’on se retrouve devant, c’est dur de se détacher. Je dis pas… Mais au niveau de l’histoire, bonjour les dégâts ! Je vais pas faire un compte-rendu détaillé de toutes les incohérences et absurdités qui jalonnent cette série de films, parce que j’ai pas le temps. Non, franchement, regardez un peu le temps que ça prend à l’Odieux Connard pour faire ça rien que sur les deux derniers !

Non, ce qui est rageant, c’est qu’une bonne partie du grand n’importe quoi qu’on trouve dans les films aurait pu être évité si les réalisateurs avaient juste pris la peine de suivre ce qui est écrit noir sur blanc dans les livres, plutôt que de faire de la merde. Les deux septièmes films sont particulièrement emblématiques de ce point de vue-là.

Genre, après le mariage de Bill et Fleur légèrement interrompu par des Mangemorts amateurs de bons délires impliquant ripaille, cris d’angoisse et meurtre avec barbarie, les trois héros partent pour une longue (très longue (trop longue)) séance de camping sauvage, comme de vulgaires romanichels.

Et là, v’là-t-y pas que miss Granger sort de son petit sac à main de pouf une tente tout confort, des habits de rechange pour tout le monde et la moitié de la bibliothèque nationale. Et que le spectateur s’en trouve fort marri, parce que ça débarque franchement de nulle part, comme un bon gros deus ex machina.

Sauf que voilà, dans le livre, c’est fait correctement. On voit Hermione faire du tri dans ce qu’elle compte emporter ou non, et les deux autres se disent qu’elle est cinglée d’espérer pouvoir prendre tout ça. Et quand une fois en fuite, ils s’étonnent qu’elle ait pensé à emporter tout le confort nécessaire à des criminels en cavale, elle leur répond un truc du genre « et à votre avis, j’ai foutu quoi toute la semaine passée ? ».

C’est clean, c’est nickel, c’est bien amené et ça explique tout, on tique pas. Et ça aurait demandé deux scène de 15 secondes chacune ! Ça leur aurait coûté quoi, bordel ? Deux putains de films, s’élevant à un total de 4h38 minutes (dont 70 % environ de camping), et même pas foutus d’y caler trente secondes pour rendre le film cohérent ?!

D’après une source confidentielle, ceci serait la première version de l’affiche de Harry Potter et les Reliques de la Mort.

Je pourrais à la rigueur comprendre qu’ils aient raté le baiser langoureux et humide entre Ron et Hermione dans la Chambre des Secrets. Tout le monde s’accorde à dire que c’est pas crédible, et qu’il n’y avait pas la moindre tension amoureuse entre eux auparavant, mais je peux admettre qu’ils n’aient pas réussi à l’amener.

Je veux dire, dans les bouquins, c’est amené petit à petit, par petites touches et allusions plus ou moins discrètes (Ron a quand même acheté un bouquin Séduire les sorcières, et explique que s’il l’avait lu l’année précédente, il aurait moins merdé avec Hermione…) depuis le tome 6, voire depuis le tome 4. Et leur histoire s’affermit peu à peu, jusqu’à ce qu’ils en arrivent finalement à se rouler une pelle fougueusement…

…de manière beaucoup plus crédible que dans le film. Dans le bouquin, Ron a géré comme un champion pour ouvrir la Chambre des Secrets, bogoss tavu, et c’est une fois remontés dans le château qu’il lâche — comme ça — qu’il faudrait peut-être mettre les elfes de maison à l’abri, qu’ils se prennent pas un éclair perdu.

Alors là, forcément, il a touché la corde sensible, la petite Hermione elle en fait des traces sur le plancher ! Et elle lâche tout ce qu’elle tient dans les bras pour sauter sur son rouquemoute préféré. Logique, crédible, bien ficelé, y’a rien à dire… Du coup, je retire ce que j’ai dit : les scénaristes du film se sont juste loupés comme des grosses bouses. C’était pourtant pas dur, il suffisait de lire le livre, c’était écrit dedans.

Ah pis j’vous raconte pas la scène finale clichée avec le combat entre Super-méchant-grugru et Super-gentil-bisounours-et-petits-poneys dans un endroit désert. Putain, mais pourquoi ? C’était quoi le besoin ? Ça apporte quoi au film de faire ça ?! Ils pouvaient pas faire un combat en public, avec tout le discours de Harry qui est fait devant témoins, comme dans le livre ? C’était trop dur ? Ils avaient plus d’argent pour des figurants après les 4 millions de livres payés aux trois acteurs principaux ?!

Ah pis, ce que je pardonne pas, c’est McGonagall qui envoie tous les Serpentards au cachot après qu’une d’entre eux a demandé si on pourrait pas plutôt se rendre que de combattre Voldemort. Pour resituer un peu, ça se passe comme ça, dans le bouquin.

Tous les élèves mineurs sont renvoyés dans leur famille, quelle que soit leur maison d’appartenance. Bon, certains resquillent et restent quand même, voire se font buter s’ils s’appellent Crivey, mais c’était mérité. Et parmi les élèves majeurs, ceux qui veulent sont autorisés à rentrer chez eux, les autres peuvent rester se battre.

Pansy Parkinson suggère alors qu’on se rende, plutôt, histoire de pas trop abîmer le mobilier de l’école, et McGonagall lui répond que quand on aura besoin de son avis de grosse truie avinée, on le lui demandera. Et c’est tout, chacun rentre chez soi, et tout va bien.

Et y’a sûrement des Serpentards qui sont restés, vu qu’après la bataille, Phineas Nigellus Black insiste pour qu’on n’oublie pas la contribution de cette maison à la victoire. En fait, ça va même plus loin : Abelforth Dumbledore explique à un moment de la bataille à Harry qu’ils auraient dû garder les enfants des Mangemorts en otage, et Harry lui rétorque que son frère, lui, n’aurait même jamais pensé faire une chose pareille, et qu’Abelforth peut donc aller se faire foutre.

Mais non. Non ! Il a fallu que ces crétins gravent dans le marbre que les Gryffondor sont des fachos bourrés de préjugés et adeptes du jugement sommaire. Ils ont fait de Minerva McGonagall, de fucking Dame Maggie Smith, un des personnages les plus badass de toute la série, ils en ont fait une connasse raciste ! Bordel, même Voldemort est plus ouvert d’esprit : il préfère pardonner que faire encore couler le sang de sorciers…

Tu seras vengée pour cette infamie !

Pis bon, je m’acharne sur le(s) septième(s), mais il n’y a pas que dans ceux-là qu’ils ont fait de la merde… Genre, dans le quatrième, l’arrivée des délégations de Beauxbâtons et Durmstrang. La première est intégralement composée de filles, qui font donc une arrivée très girly, à base de pas de danse, de révérences et de petits bisous. La seconde compte uniquement des mecs, qui font une entrée virile, guerrière et fort slave.

Bon, dans le bouquin, c’est dit clairement qu’il y a des mecs et des filles dans les deux délégations, hein. D’ailleurs, lors du bal de Noël, les deux sœurs Patil, lassées d’être délaissées par Harry et Ron, censément leurs cavaliers, se font bien, bien draguer par les Français de Beauxbâtons…

Alors pourquoi ils se sont sentis obligés d’insérer une bonne grosse dose de sexisme dans le film ? Pourquoi ? Comme c’est des Angliches, ça les faisait chier de mettre des beaux mecs qui soient Français ? Et vous allez me faire croire qu’ils pouvaient pas trouver de jolies Slaves habillées de cuir et de fourrure pour quelques scènes ?

Fin bref, je vais m’arrêter là sur les films, parce que les critiquer, c’est un peu tirer sur l’ambulance, et ce serait pas mon genre. Quoi ?! Je ne vous permets pas d’en douter, namého !

L’histoire

Alors revenons aux bouquins. Parce qu’il faudrait pas donner l’impression qu’ils sont parfaits et que c’est les films qui ont tout foiré, non non. Ils ont aussi leur lot de belles conneries…

Je vais pas insister sur les histoires de grosses baguettes qui doivent être soumises et dominées avant de pouvoir les utiliser à pleine puissance, que le tome 7 développe à foison. De nombreux autres avant moi ont fait remarquer combien c’était vraiment foireux, et que c’est un peu dommage que toute la résolution de l’intrigue repose sur un concept aussi… glissant.

Ce ne serait vraiment pas charitable de ma part de rappeler que dans le tome 3, quand Harry et compagnie sont dans la Cabane Hurlante en train de menacer Sirius Black, Lupin débarque, et leur pique à tous leurs baguettes d’un bon gros coup d’Expelliarmus.

Ce qui, si on suit la « logique » développée dans le tome 7, signifie que le vrai maître de la baguette de Sureau n’est autre que… Lupin. Qui se fait buter par Dolohov, un Mangemort, lequel devient alors le possesseur légitime du gros bâton qui fait des étincelles. Lequel est ensuite vaincu par le professeur Flitwick. Ça devient vite emmerdant, hein, comme système ?

Quand ton nom de famille, c’est Petit Gros, tu sens confusément que tu vas avoir une enfance de merde…

Non, là où J. K. Rowling a vraiment merdé, c’est l’affaire Peter Pettigrew, dans le tome 3. Pour ceux qui se souviendraient mal, le gros tas a été démasqué par Sirius Black et Lupin, toute la bande décide de le ramener au château pour prouver sa félonie, et pour qu’il ne s’échappe pas, ils… le menottent à Ron et Lupin. Manque de bol, c’est la pleine lune et Lupin a pas pris sa potion, il se transforme en loup-garou et Grotadmorv profite de la confusion pour s’enfuir.

Attends, attends, attends ! Sérieusement ? Des menottes ?! Des putains de menottes ?! Mais c’est des sorciers ou des dominatrices SM ? Qu’ils n’aient pas pensé à le Stupefixer, ça peut s’expliquer : ce sort est mentionné pour la première fois dans le tome 4, donc l’auteure ne l’avait peut-être pas encore inventé. Admettons. C’est con, mais pourquoi pas.

Que personne n’ait pensé à utiliser le maléfice du Saucisson (Petrificus totalus, pour les intimes) dont Hermione se sert dans le tome 1 pour mettre Neville hors course, on peut à la rigueur mettre ça sur le compte de l’émotion intense du moment. Mais des menottes, non, c’est pas possible ! Pour avoir été aussi cons, Lupin et Black ont mérité de mourir du fait du retour de Voldemort !

À peine une demi-heure avant (et encore), Rogue avait ligoté Sirius Black au moyen de cordes, vous allez pas me faire croire qu’ils avaient oublié ? Et Rogue, qui est toujours inconscient, se fait trimballer par un sort de lévitation des corps, comme un sac à patates. C’était vraiment si difficile de faire un plus un égal vous le ligotez et vous le suspendez en l’air, qu’il puisse pas se barrer ?! Bonus frappe, vous utilisez le sort qui te fait te retrouver pendu par les pieds, celui qu’ils utilisaient contre Rogue dans leurs jeunes années !

Putain, les décérébrés du bulbe… Bon, allez, du calme, Carnufex, du calme ! Si Pettigrew ne s’était pas enfui, il n’y aurait pas eu de retour de Voldemort, et on se serait pas mal fait chier dans les quatre tomes suivants. Allez, c’est ce qu’il faut se dire…

Pis ça explique aussi que la première tentative de Voldemort pour retrouver son corps ait lieu, de manière ô combien commode, précisément l’année où Harry retrouve le monde des sorciers. Imaginez qu’il ait chopé la pierre philosophale un an plus tôt, Harry aurait eu une drôle de surprise en débarquant à King Cross, et la saga aurait été nettement plus courte…

Ce qui est plus con, c’est quand J. K. Rowling introduit des éléments juste pour meubler et enrichir l’univers… mais qu’ils sont incohérents avec le reste. Je pense particulièrement au tome 4, quand Molly Weasley revient à Poudlard pour assister à la troisième tâche du Tournoi des Trois Sorciers, et raconte les folles années de sa jeunesse.

Elle y mentionne un certain Ogg, dont elle parle beaucoup et passionnément, et qui aurait été garde-chasse avant Hagrid. Seulement voilà, Hagrid est devenu garde-chasse en 1943, et Molly est née en 1949. Même à supposer qu’il y ait eu un garde-chasse avant Hagrid (il est dit quelque part que le poste a été créé spécialement pour lui), c’est pas comme si Molly pouvait l’avoir connu…

C’est ballot.

L’univers

Mais trêve de conneries, abordons le vif du sujet, là où c’est vraiment n’importe quoi : l’univers. Alors oui, bien sûr, déjà le prémisse de l’existence de la magie est pas super crédible en soi, mais suspendons notre incrédulité et analysons la cohérence du monde ainsi formé. Autant vous prévenir, c’est pas jojo…

Et commençons par ce qui est le plus important : le sexe. Non, cherchez pas, y’en a pas dans Harry Potter. Alors bon, y’a une vague allusion dans le tome 4 à Fleur Delacour faisant des bruits mouillés avec son cavalier du bal de Noël derrière des buissons, mais tout laisse à penser qu’ils restent habillés tout du long.

En fait, ça vient de J. K. Rowling elle-même qui est une sale hypocrite. Elle dit, je cite : « Il y a des choses que l’on ne fait tout simplement pas en fantasy. On ne s’envoie pas en l’air près de licornes. C’est une règle gravée dans le marbre. C’est de mauvais goût. ». Ouais, alors ma cocotte, je voudrais te présenter Messieurs Martin (Georges R. R.), Goodkind (Terry) et Howard (Robert E.), auxquels tu pourras expliquer qu’en fait, ils n’ont pas écrit de la fantasy, puisqu’il y a des bewbz et de la brouette bulgare dans leurs œuvres.

Sérieusement, qui y croit une seule seconde ? Un château loin de tout, disposant d’un parc immense, de passages secrets à gogo, de salles de classe vides et pas fermées à clé à tous les coins de couloir (je pense d’ailleurs sincèrement que, dans le monde des sorciers, « normes de sécurité » est une insulte slovaque), et peuplé d’une horde d’adolescents gavés aux hormones, et ça resterait chaste, pur et innocent ?

À d’autres… Rien que le polynectar ouvre la porte à une multitude de possibilités. T’es trop moche pour pécho ta meilleure amie ? Un peu de potion de Cédric Diggory devrait régler ton problème, au moins pour une heure ou deux ! Toi et ta bande de potes, vous n’osez pas aborder les filles/garçons ? Quoi de mieux qu’une potion pour changer de sexe le temps d’une pipe ? Vous voulez jouer une sale blague à quelqu’un ? Changez-vous en la bonnasse de l’année, roulez-lui une pelle dans un endroit discret, et sortez le pop-corn quand il tentera d’obtenir la suite auprès de l’intéressée !

Qui a besoin d’un filtre d’amour quand elle peut avoir du polynectar et passer chez le coiffeur de Holly Peers ?

Dans un univers crédible, cette potion serait l’objet d’un trafic intense dans tout le monde magique… Et avec tous les objets que les sorciers sont capable d’animer pour qu’ils fonctionnent tout seuls, vous espérez vraiment me faire croire que personne n’a jamais songé aux usages récréatifs du concombre ?

Il y a des sortilèges pour tout, pour soigner les écailles d’un dragon, pour préparer la limonade ou pour éplucher les patates, mais personne n’est jamais parvenu à développer le sortilège de Doigts-de-Fées, orgasme garanti dans les cinq minutes ? Naaaaan…

Enfin bref… Ce qui est le plus délirant, c’est la méconnaissance totale qu’ont les sorciers du monde des Moldus, ce qui a des conséquences dramatiques sur leur technologie. Je sais bien, l’électricité et donc l’informatique leur sont interdites parce que les ondes magico-bullshit font des interférences. OK, on aura compris. Mais ça n’excuse pas tout !

Sérieusement, les mecs : des bougies et des lampes à huile ? C’est votre kif ultime de vivre comme au XIXe ou vous êtes trop teubés pour prendre exemple sur la technologie moldue ? Vous êtes capables d’enchanter un putain de plafond pour avoir un bulletin météo en continu, mais faire léviter des boules de lumière dans les couloirs qui s’allument sur le passage des gens, façon lampadaire, ça vous vient pas à l’idée ?

J’imagine déjà les pubs, tiens… « La lampe torche alimentée à la magie, l’outil indispensable à tous les garde-chiourme ! Recommandée par Argus Rusard. » Y’aurait du fric à se faire, c’est moi qui vous le dis…

Bon, y’aura forcément quelqu’un pour me rappeler que les objets enchantés perdent de leur pouvoir au cours du temps, et qu’il serait chiant de devoir changer les ampoules magiques de tout un château, surtout quand on est un Cracmol. OK. J’accepte l’argument.

Mais rien ne peut pardonner les plumes, rien ! Y’a pas besoin de magie ni d’électricité pour utiliser une Sergent-Major, et ça existe au moins depuis le XVIIe siècle ! Quant au stylo-bille, il a été breveté dans les années 1930. Rien qu’un stylo-plume, technologie garantie 100 % sans électricité, leur éviterait de trimbaler des flacons entiers d’encre, avec tous les accidents que ça cause !

Y’a que deux explications possibles au fait de continuer à utiliser des plumes de piafs pour écrire à la fin du XXe siècle : ou bien les sorciers sont complètement cons et ignorants du monde qui les entoure, ou bien ils sont collectivement masochistes.

Ils en sont même fiers, ces cons !

Et je vous parle même pas du parchemin… Elle en tient une bonne couche la mère Rowling avec son parchemin utilisé à tout bout de champ… En fait, je vais vous dire un secret : cette dame n’a jamais vu un morceau de parchemin de sa vie. Vu comment elle décrit la matière, et les usages qui en sont fait, il est manifeste qu’elle n’en a jamais vu ni touché.

Quand Harry froisse son « parchemin » en boule pour le balancer dans le feu par un lob bien senti au-dessus de quelques élèves de première année, c’est un morceau de papier qu’il utilise : le parchemin, ça ne se froisse pas, c’est rigide. Essayez un jour, vous verrez…

Et puis cette manie de porter des robes… Vous y croyez une seule seconde, vous, que les sorciers puissent être à ce point ignorants des habitudes vestimentaires moldues qu’un sorcier britannique envisage de porter un Lederhose pour se faire passer pour un Moldu ? C’est pourtant le cas dans le tome 4…

Même à supposer que ces gens-là ne se mélangent pas avec le bas peuple moldu et vivent complètement dans leur grotte, avec la quantité de nés-moldu qu’il y a à chaque génération d’élèves de Poudlard, vous allez pas me faire croire qu’ils ne peuvent pas apprendre de ceux qui savent !

Pour le point suivant, je vais parler boutique : un truc qui me paraît complètement cinglé, c’est l’absence totale d’instruments de recherche dans la bibliothèque de Poudlard. Dès que Hermione a besoin de faire des recherches, elle prend des bouquins en fonction des titres qui ont l’air pas trop mal et elle feuillette.

Mais, les mecs, ils ont jamais entendu parler du classement décimal de Dewey depuis 1876 qu’il existe ? Et Mme Pince ose se prétendre bibliothécaire ?! Et c’est pas tout : une fois qu’ils ont trouvé un livre, ils le parcourent d’un bout à l’autre pour voir s’il n’y aurait pas quelque chose d’intéressant dedans.

Genre, y’a pas d’index ni de table des matières dans le bouquin ! Bordel, ça fait au moins depuis le XIIIe siècle que ça existe, les index, serait peut-être temps que les sorciers se mettent à la page sur cette technologie de pointe !

Même un truc aussi con qu’une base de donnée des sortilèges connus, ils ont pas ça : dans le tome 4, les trois larrons sont obligés de fouiller dans des dizaines d’épais ouvrages pour espérer trouver quelque chose. Les sorciers ont, je le répète, inventé un putain de plafond qui donne la météo, mais faire des fiches et les mettre par ordre alphabétique dans un tiroir, c’est trop complexe pour eux !!

Y’a que ça, comme explication possible, hein… Les sorciers sont tellement débiles, ou tellement imbus d’eux-mêmes, au choix, qu’ils n’ont jamais réussi à intégrer dans leur monde magique ce que le monde moldu fait de bien. Parce que sinon, j’aime autant vous dire que les aventures de Harry Potter auraient eu une autre gueule…

Prenez le sortilège de protection de Harry, reçu par le sacrifice de sa môman, toussa toussa. Bon. Ça n’a jamais empêché Dudley et ses copains de lui casser la gueule, que je sache ? Donc il ne concerne pas les Moldus / les attaques non-magiques. Quant à Voldichou et ses Mangemorts, ils savent où il est le petit Potter, puisqu’ils l’attendent à la sortie de sa maison (enfin, de la zone d’influence de la protection) au début du tome 7.

Du coup, je vois une solution simple et efficace au problème Potter. Elle se décompose en cinq étapes.

  1. Aller dans les bas-fonds de Londres, et trouver quelques thugs de bon aloi.
  2. Doter les susdits thugs de battes à clous, tasers et autres couteaux à cran d’arrêt s’ils n’en possèdent pas eux-mêmes.
  3. Promettre une forte somme d’argent à ces sympathiques messieurs s’ils vont transformer le dénommé Harry Potter en pulpe sanguinolente étalée sur 12 mètres-carrés de trottoir.
  4. Offrir un pack familial d’Avada Kedavra aux susdits messieurs lorsqu’ils viennent réclamer leur dû.
  5. Continuer peinard ses activités de criminel nazi.

Mais je suppose que je raisonne trop comme un Moldu…

En parlant de ça, vous avez déjà jeté un œil à l’argent sorcier ? Des fucking pièces d’or, gros ! Et vous savez quoi, on peut même en acheter avec de l’argent moldu à Gringotts. Là où ça devient top-délire, c’est que d’après Mme Rowling en personne, le taux de conversion est d’environ 5 £ pour un galion. Soit 6€81 au moment où j’écris ces lignes. Pour une putain de pièce d’or !

Attendez, bougez pas, on va faire un peu de mathématiques appliquées, alias « comment ruiner l’économie sorcière en une leçon ». Prenons pour base les informations dont nous disposons sur les galions. Voici à quoi ils ressemblent dans les films, et c’est cohérent avec les rares informations de taille fournies dans les livres.

Du flouuuuuze !

La taille correspond plutôt bien à un American Silver Eagle, une pièce en argent valant pile un dollar américain. Si j’en crois Wikipédia, celle-ci fait 40,6 mm de diamètre, et 2,98 mm d’épaisseur. Je vous épargne le calcul, cela représente environ 3,858 cm³ au total. Wesh ma gueule !

Et alors, ça fait combien d’or, ça ? Eh bien, l’or a une densité de 19,3 g/cm³, et comme je suis brave, je pars du principe que les galions sont composés à seulement 90 % d’or, comme la quasi-totalité des pièces d’or depuis deux siècles : ça fait quand même de l’ordre de 67,013 g d’or pur par piécette, hein !

Alors on prend la calculette magique, on convertit tout ça en onces, et on demande au gentil Internet combien ça vaut en euros, tout le bousin. Eeeeeet… bordel de merde ! Au taux de conversion actuel, un putain de galion vaut presque 2400 € !! La vache…

Heureusement que les sorciers pigent rien au monde moldu, en fait… Heureusement pour eux, je veux dire : tu fonds un galion grâce à tes super pouvoirs magiques, tu le vends au prix de l’or chez les Moldus, et tu reviens convertir tout cet argent moldu en galions, t’as multiplié ta mise par 480, putain ! La spéculation, le nouveau gagne-pain des Sangs-de-Bourbe !

Alors oui, y’a des gens qui disent que les pièces sorcières sont protégées par des sortilèges qui font qu’un Moldu refusera de les acheter. Mais bon, si on est capable de faire croire à une coupe magique, inventée spécialement pour un tournoi réunissant trois sorciers, qu’il y a en fait quatre sorciers à choisir, c’est pas comme si on pouvait pas faire sauter les sortilèges de protection d’une vulgaire pièce…

Mais passons. Vous connaissez la Convention du Secret Magique ? Mais si, ce truc qui oblige les sorciers à se cacher pour que les Moldus ne découvrent pas leur existence. Vous ne m’ôterez pas de l’idée qu’adopter une politique discriminatoire vis-à-vis des loups-garous, géants et autres créatures magiques capables de foutre un beau bordel chez les Moldus n’est pas la solution idéale pour garder le secret, mais bon.

Non, ce que je cherche à vous dire, c’est plutôt : vous avez vu comment ils appellent leurs gosses ?! Florilège : Sirius, Remus, Albus, Rubeus, Lucius, Cornelius, Rufus, Filius, Minerva, Nympadora, Arabella, Pomona. C’est sûr, c’est vachement discret lors du passage à l’État-civil, félicitations !

Alors oui, bien sûr, il est tout à fait possible de ne pas déclarer ses enfants, de ne pas les scolariser, de ne pas les emmener chez le médecin, etc. Mais je ne suis pas persuadé que des agents de la DDASS qui disparaissent mystérieusement dès qu’ils approchent de certaines maisons soient la meilleure solution pour rester cachés.

D’ailleurs, vous ne vous êtes jamais demandé combien il y avait de sorciers en tout ? Ressortons la calculette. Il est dit clairement dans le tome 2 qu’il n’y a que cinq garçons à Gryffondor dans la promo de Harry. Tout laisse à penser que la répartition entre maisons est assez homogène, donc multiplié par quatre maisons, puis par deux pour avoir les filles, ça nous fait 40 sorciers par année. Allez, je vous fais un prix, on arrondit à 50.

Le sorcier, ça vit vieux. Rien que Dumbledore, il a plus de cent ans. Et dans le tome 5, y’a une mamie croulante qui est encore vivante alors qu’elle a fait passer ses exams au petit Albus, je vous raconte pas la momie. Alors on va dire qu’avec tous ceux qui meurent prématurément (normes de sécuritééééééé…) le sorcier a une espérance de vie d’un siècle en moyenne. Beau bestiau.

Ben à 50 par an, ça fait jamais qu’environ cinq mille sorciers dans tout le Royaume-Uni. On comprend mieux qu’ils se cachent, les petits salopiauds, ils ont les foies : y’a environ 13 000 fois plus de Moldus dans ce bougre de pays ! Ils se prendraient une sacrée dérouillée si la Ligue des Vrais Humains de Droite contre les Branleurs de Sorciers Assistés réunissait rien que 1 % de la population et s’amusait à leur péter le museau.

Découvre où est cette radasse de sorcier de Charlie, et dénonce-le aux autorités compétentes pour gagner des points-bûcher !

Enfin, c’est cohérent avec le fait qu’il n’y ait guère que quelques villages en Angleterre où l’on trouve des sorciers. Ça reste aussi cohérent avec les plus ou moins cent mille spectateurs de la Coupe du Monde de Quidditch du tome 4, à condition de considérer que 80 % de la population mondiale de sorciers a fait le déplacement.

Là où c’est plus du tout cohérent, c’est qu’il y a grosso modo 350 élèves à Poudlard, mais que lors du dernier match de Quidditch du tome 3, J. K. Rowling affirme qu’il y a pas moins de 200 Serpentards dans leur quart des gradins. Ah, ces littéraires ! Les chiffres, c’est pas leur fort, hein…

D’ailleurs, tant qu’on en est à parler géographie : pour autant qu’on sache, il n’y a qu’un seul Poudlard Express. Et plus ou moins tous les élèves empruntent le train : même ce trou du cul de gosse de riches de Malefoy se mélange à la plèbe le temps d’un trajet plutôt que d’emprunter l’hélicoptère le dragon de Papa.

Du coup, ça veut dire que tous les élèves doivent se rendre à Londres avant de remonter jusqu’en Écosse ou pas loin avec le train ? Genre les sorciers qui habitent à Édimbourg, ils doivent se taper tout le trajet jusqu’à Londres (et le payer de leur poche) juste pour prendre un putain de train qui les ramène à cent bornes de chez eux ?

Ou alors, tous les sorciers ou presque habitent dans la banlieue de Londres. Mais alors pourquoi se faire chier à mettre le château à Perpette-les-Oies ? Mais quelle que soit la solution choisie, ça ne répond pas à la question cruciale : ils foutent quoi, les sorciers, le jour du départ ?

Dans le tome 1, Harry arrive à la gare avec une demi-heure d’avance sur le départ du train, et comme il ne voit pas la voie 9¾, il poireaute en attendant de trouver une solution. Il passe quand même vingt putains de minutes à attendre avant que les Weasley débarquent. Et quand il passe de l’autre côté, le quai est déjà bondé : c’est quoi le truc ? À part ces gros ramollis de Weasley, tout le monde arrive une heure en avance ? Ou c’est juste complètement con ?

En tout état de cause, ce qui reste con jusqu’à la moelle, c’est le système de maisons à Poudlard. Je veux dire, ils suivent les mêmes programmes, ils ont même certains cours en commun, ils passent les mêmes examens. Alors c’est quoi l’utilité de les séparer dans tous les aspects de leur vie ?

À part pour créer un climat de haine limite raciste parce que t’façons, les Serpentards, c’est tous des connards ? En toute sincérité, est-ce que cette division en maisons a apporté quoi que ce soit de positif à la vie de l’école ? Parce que le tort qu’elle a causé, ça, je peux vous en parler…

Vous ne m’ôterez pas de l’idée que le fait que le directeur, la directrice-adjointe et le gardien des clefs et des lieux soient tous trois issus de Gryffondor ne contribue pas à maintenir une certaine équité de traitement au sein de l’établissement. Et que la délinquance dans les couloirs serait largement moindre si on ne fournissait pas aux élèves, dès leur première rentrée, une excellente raison de se foutre sur la gueule.

Le mot de la fin

Bon, je cogne, je cogne, mais en vrai, je l’aime bien cette série. J’ai dû relire au moins trois fois chaque tome, et je crois que j’en suis à 22 fois pour le premier (j’ai un peu perdu le compte, j’avoue…). Mais bon, en grandissant, on se met à voir des choses qu’on ne voyait pas avec les yeux de l’enfance.

Putain, c’est trop beau ce que j’écris, je crois que je vais pleurer et me faire poète maudit !

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