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18 novembre 2014

Le Top 10 2014 de Tchémi

10) Étienne de Crécy — « Punk » — 2007

Eh oui, je commence forcément mon petit top 10 par un morceau électro, et un morceau français tant qu'à faire. Il s'agit de la première moitié du Commercial EP2 d’Étienne de Crécy.

Un son sorti en 2007, il y a sept ans donc (déjà !) mais qui n'est arrivé à mes oreilles que cette année. Moi-même je ne comprends pas pourquoi. Une musique assez monotone et pas trop pêchue qui va très bien en musique d'ambiance.

Bien sûr vous écouterez également l'autre moitié, « Funk », les deux morceaux vont très bien ensemble : ils se complètent pour former un EP de qualitay.

9) Diam's — Si c'était le dernier — 2009

Ah, là, je risque de me faire des ennemis. Et pourtant ! Laissez de côté tous vos a priori sur le rap pendant dix minutes. Voici un magnifique morceau qui montre que le rap n'est pas forcément du bruit de mots traitant des sujets hyper profonds comme « comment on te nique dans ma cité » ou « pourquoi t'irais pas niquer ta mère pour voir ».

Diam's sort en 2009, avant qu'elle ne se couvre d'un voile, l'un des meilleurs albums de rap français. Il y a donc les sujets du morceaux mais aussi l'écriture, la façon de chanter certains passages, la performance… Tout ça pour aboutir à un morceau mature et émouvant je trouve. Je vous en dis pas plus, je vous laisse écouter.

Je vous conseille tout l'album en fait, l'occasion de se réconcilier avec le rap.

8) Modeselektor — « Art & cash » (Phon.o remix) — 2010

Il s'agit d'un remix. Je sais, c'est pas super ouf comme morceau à mettre dans un top 10 mais bon, le remix est tellement loin de l'original qu'il mérite ici sa place à part entière.

Je ne vous en dis pas plus, si ce n'est « Quoi, vous ne connaissez pas Modeselektor ??!!! »

7) Pendulum — « Immunise » — 2010

Changement de sujet, augmentons un peu le nombre de BPM. Je trouve que c'est le morceau à retenir de l'album Immersion de Pendulum. Il va rejoindre ses illustres ancêtres tirés de Hold your colours et atterrir dans ma play-list « kiboujbien ».

Ah je vous ai pas dit, baissez un peu le son si vous avez des voisins cardiaques.

6) La Roux — « Tigerlily » — 2009

La Roux oui, et son album éponyme sorti en 2007 (une superbe année pour la musique). En fait j'aurais aimé mettre tout l'album mais la règle c'est de mettre dix morceaux par personne. ^^

Bah c'est con à dire, mais cet album je l'ai écouté en boucle cette année alors il trouve obligatoirement sa place dans ce classement. Honnêteté avant tout.

5) One-T — « My satisfaction » — 2010

Et là encore, difficile de trouver un morceau dans cet album. One-T vous vous souvenez (pour les plus de 20 ans) ? Ces petits clips en dessin animés. Cette musique de club qui nous faisait danser dans les boums.

Et bien non, ils ne sont pas morts en fait, et ils ont même sorti un album étonnant pourtant passé inaperçu. Personne n'aime les mélanges entre rap, hip-hop, wubwub, musiques latino, pop et riffs de rock.

Pourtant, ici, le mélange est excellent et l'album s'enfile tout seul du début à la fin, voir en boucle.

4) Parov Stelar — « Booty Swing » — 2012

Parov stelar fait partie de ces artistes que tout le monde connaît sans connaître. « Air », « Cassius », « Archive », « Massive Attack », « Fatboy Slim ». On a tous déjà entendu mais impossible de mettre un nom sur le morceau.

« Booty swing », c'est la musique qui plaît à tout le monde. La musique au succès garanti auprès de vos proches. Essayez, vous verrez. C'est un son frais et nouveau, bâti sur les cendres du swing de papy et mamie.

Je vous laisse vous bougez vot' popotin et écouter les morceaux les plus populaires de Parov Stelar.

3) Balkan Beat Box — « Hermetico » — 2007

Le podium enfin. J'aime Balkan Beat Box pour leur histoire. Pour ce pari musical, ce mélange de styles et de cultures. BBB me fait penser à Infected mushroom en ce sens. Ouais, paie ton grand écart ! Mais si, les origines tout ça… Wai, bref.

Je connaissais de nom, j'ai déjà entendu à la radio mais je n'avais jamais écouté leurs albums en entier — erreur réparée cet été en vacances. Hermetico est sans doute le symbole de cette musique néo-méditerranéenne qui cartonne. À tel point que certains « artistes » (qui n'ont d'artiste que le nom) outre-Atlantique vont vendre des centaines de milliers de disques et squatter le top des hit-parades en faisant une simple et grossière reprise de ce morceau.

Si si, vous allez reconnaître.

2) L'Impératrice — « Le Baron Rouge » — 2014

Je vous présente l'Impératrice. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un groupe de jeunes garçons français originaires du Sud (quoi, vous voyez pas le rapport ?) qui sortent en 2014 leur premier EP, font les premières parties de certains concerts et se produisent dans les bars branchés…

Si vous avez été déçu par le dernier album des Daft Punk — et vous l'avez forcement été — réconciliez-vous avec l'électro-funk made in France. « Le Baron Rouge » est sans doute leur morceau le plus connu et le plus facilement digérable pour les néophytes du genre. Je vous laisse savourer ce petit son à l'ambiance extraordinaire.

1) C.2.C — « F.U.Y.A » — 2012

Tadaaaaaaam ! Numélo ouno, neumbeur ouane, toussa toussa. « F.U.Y.A » sorti il y a deux ans déjà sur le très bon album Tetr4 de C.2.C. Je triche un peu car j'ai découvert ce morceau en 2013, mais je l'ai tellement écouté cette année qu'il a sa place dans ce classement. Voilà, nous sommes dans le XXIe siècle. On peut dire qu'on est dans l'électro, et pourtant, il n'y a pas de boum boum — bien que l'électro ne se résume pas à ça, mais je fais simple. Ça bouge et pourtant c'est lent, calme. On ne sait dire si c'est une vielle musique remise au goût du jour ou une musique d'aujourd'hui aux sons anciens. Il fait partie de ces morceaux modernes qui apportent les bases d'un nouveau genre en utilisant des instruments tels le piano, le violon, la guitare de Saule, la contrebasse, l'accordéon, le clavecin, l'orgue… Les instruments sont sortis de leurs carcans habituels et utilisés uniquement pour leur son et les émotions qu'ils peuvent procurer. Toute la magie se trouve dans le mixage, les doigts en or des DJ's et une grosse production qui cartonne. C'est également, d'après C.2.C, le meilleur morceau de l'album.

Je vous laisse découvrir.

17 novembre 2014

Le Top 10 2014 de Yyrkoon

10) 65daysofstatic — « Prisms » — 2013 — Electro-post-rock

Ça m'embête un peu de devoir sélectionner un morceau parce qu'à chaque fois j'écoute leurs albums, et notamment Wild Light dont celui-ci est extrait, en entier. En gros, 65daysofstatic, c'est un mélange complètement énorme de post-rock et d'électro, le truc qui met la pêche pour la journée. Expérimentations sur les rythmes, les sonorités, avec un petit côté math rock… Mais toujours entraînant.

9) Major Parkinson — « Twilight Cinema » — 2014 — Rock prog cabaret

Laissez donc votre Major Bob dans sa cartouche Pokemon et venez écouter Major Parkinson, seul groupe au monde de « rock cabaret » ! Pas grand chose d'autre à ajouter en fait, à part que c'est dément.

8) Talk Talk — « Such A Shame (live at Montreux ») — 1986 — Pop

Talk Talk est un groupe au parcours assez atypique : groupe de pop typique des années 1980, avec claviers, boîtes à rythmes et tout le tsoin tsoin sur ses premiers albums (It's My Life notamment), il laissera progressivement, sous la houlette de Marc Hollis, plus de place dans ses compos au silence, à la lenteur, allant jusqu'à devenir un précurseur du post-rock sur le dernier album, Laughing Stock. Cette évolution vers une musique plus subtile est très sensible dans le live donné à Montreux en 1986, avec de magnifiques réinterprétations des gros tubes du groupe, et notamment ce morceau. « Such a Shame », ses claviers détonants, son solo de guitare sèche. Bon et puis visez-moi leur dégaine aussi !

7) Death — « Spirit Crusher » — 1998 — Death Metal

Cette année aura aussi été l'année de ma découverte de Death, groupe pionnier du Death Metal. Oui parce que d'habitude j'ai beaucoup de mal avec le genre : je trouve les growls assez pénibles alors que pas grand chose ne m'y intéresse. Mais avec Death, et notamment ses derniers albums, c'est différent : on a des morceaux beaucoup plus complexes et intéressants, aux structures plus poussées, avec des putains de riffs et des solos à pleurer, et notamment cette perle qu'est « Spirit Crusher ».

6) Getz/Gilberto — « The Girl from Ipanema » — 1964 — Bossa Nova

On parle ici d'une collaboration entre deux génies de la musique, Stan Getz, saxophoniste de jazz américain, et João Gilberto, chanteur et guitariste de bossa nova brésilien. Tout l'album Getz/Gilberto est un monument, mais si on ne devait retenir qu'un seul morceau, ce serait « The Girl from Ipanema », ce rayon de soleil qui pénètre dans tous les recoins de votre appartement et vient vous réchauffer au plus profond de votre cœur…

5) fishmans — « Long Season » — 1996 — Japon

Bon, je triche un peu, mais faut croire que j'aime pas vraiment couper les albums. Le groupe fishmans, qui vient du Japon, a composé ici quelque chose de vraiment unique, une seule longue piste de 35 minutes, avec un thème récurrent et une ambiance que vous n'entendrez nulle part ailleurs, aérienne, hors du temps. La voix du chanteur, Shinji Saito est véritablement formidable. C'est vraiment dur à décrire alors écoutez plutôt !

4) Voyager — « Reflections of the I » — 2011 — Metal progressif

Récent coup de cœur également, ce groupe australien qui mêle allègrement metal progressif et claviers à tendance très kitsch il faut le dire. À la fois catchy, audacieux, épique, la voix du chanteur rebute un peu de prime abord mais finit par coller parfaitement à la musique.

3) Nas&Damian Marley — « Patience » — 2010 — Rap

Extrait de l'album Distant Relatives qu'ont enregistré ensemble Nas et Damian Marley, cette chanson est un petit bijou (mais le reste de l'album est très bien aussi) avec son sample de Amadou et Mariam, et ses paroles prônant l'émancipation des peuples africains. Un peu naïve on pourra dire mais tellement belle !

2) Machine Head — « Darkness Within » — 2011 — Thrash/Groove Metal

Machine Head, après un gros passage à vide dans les années 2000, est redevenu un des grands groupes de metal du moment, ou du moins un de mes préférés. « Darkness Within » est sûrement mon gros coup de cœur du début de cette année, avec son intro tremblante d'énergie contenue, la rage de son refrain, la furie de son solo de guitare, une véritable cathédrale malsaine à la gloire de la musique. Et ce, malgré (ou grâce) au petit côté emo.

1) Sólstafir — « Lágnætti » — 2014 — Post-rock

Parce qu'il faut bien aussi parler de musique actuelle, voici Sólstafir, groupe islandais qui a sorti ce que je considère jusqu'ici comme le meilleur album de l'année, Ótta. Un peu comme un groupe de cow-boys qui se seraient perdus dans le Grand Nord, les islandais se sont presque complètement débarrassés de leurs influences black metal pour nous sortir cette claque, un post-rock vivant, enchanteur, et puis en plus le clip est beau alors regardez-le : y a un 4x4 aux couleurs de l'URSS dedans !

8 septembre 2014

Pourquoi nous ?

Évidemment, posée comme ça, la question peut sembler un peu légèrement générale. Alors reformulons plus précisément. Pourquoi nous, humains, sommes-nous parvenus en haut de la chaîne alimentaire, surtout aussi vite ? C'est un des arguments favoris des créationnistes : sans aide divine, comment une créature dénuée de fourrure, de griffes, de dentition carnassière, aurait-elle pu survivre dans un monde peuplé de loups, d'ours et autres guépards, et où la moindre bestiole comestible court plus vite que nous ?

Et comme souvent avec les arguments créationnistes, cette remarque a l'air frappée au coin du bon sens. Mais c'est une illusion ! En vérité, elle témoigne d'une méconnaissance profonde du corps humain et, surtout, de notre tendance à croire que ce qui est vrai dans le mode de vie occidental contemporain a toujours été valable.

Il n'existe pas de raison unique à notre supériorité de fait sur le règne animal. Mais il y a un faisceau de domaines dans lesquels nous avons un net avantage sur la totalité des animaux ou presque et qui, tous combinés, nous donnent un avantage évolutif indéniable. Nous allons à présent les passer en revue. Mais avant tout, je tiens à préciser une chose. Cette question a déjà été abordée de nombreuses fois sur le Net, aussi bien en français qu'en anglais : je ne pense pas qu'aucun de ces exposés aborde les choses de manière aussi exhaustive que moi et, surtout, tous autant qu'ils sont manquent la plupart du temps cruellement de sources. Or, certaines affirmations étant pour le moins étonnantes et contre-intuitives, j'ai tenu à fournir autant que faire se peut des sources reconnues à ce que j'avance. Mais que ça ne devienne pas une habitude ! C'est très long et fastidieux…

Katana dans ta gueule !

C'est là notre avantage le plus criant. Il est certain qu'en combat singulier à mains nues, un humain risque fort de passer un sale quart d'heure face à un ours polaire, ses trois mètres de haut et ses griffes capables de nous arracher la gorge d'un coup de papatte. En revanche, une ogive thermonucléaire laisse peu de chance de survie à Nounours.

C'est également l'argument que les créationnistes repoussent le plus aisément. En effet, notre technologie est une conséquence de notre intelligence supérieure qui, comme chacun le sait, est un don de Dieu. Argument très réducteur s'il en est… Les relations et comportements sociaux complexes que tous les mammifères développent entre eux et avec nous, ainsi que les nombreuses expériences sur les capacités d'apprentissage et d'abstraction des singes1, suffisent à montrer que notre intelligence n'est qu'une étape supplémentaire d'un développement vieux de millions d'années.

Non mais sérieusement !

Plus que nos capacités cognitives avancées, qui ne sont qu'un niveau élevé d'un gradient déjà présent chez d'autres animaux, ce qui nous distingue réellement de l'ensemble des animaux est notre instinct de recours systématique à la technologie. Alias, ce que l'on appelle couramment le système D.

Quelle que soit la situation, lorsqu'un humain aussi « primitif » soit-il se retrouve face à une difficulté, il va essayer de créer un outil quelconque même précaire pour lui faciliter la vie. Une pierre, un bout de bois, un reste d'animal, le tout poncé, attaché ou cassé, tout est bon pour régler nos problèmes. Et si d'autres animaux ont à l'occasion l'idée d'utiliser un outil, seul l'humain et dans une moindre mesure le chimpanzé2 y a systématiquement recours. Voilà le principal responsable de notre technologie.

Donne-moi ta main

Une autre particularité que nous ne partageons guère qu'avec nos plus proches cousins simiesques est le fait de posséder des mains avec des pouces opposables. Un outil indispensable pour pouvoir saisir des objets.

Naturellement, la plupart des animaux est capable de saisir des objets, généralement avec la gueule. Mais justement : quand un tigre tient une branche dans sa gueule, il perd momentanément l'usage de ses dents, ce qui le met en position de faiblesse. L'humain, lui, non seulement n'est pas affaibli mais peut même se trouver plus dangereux qu'avant pour peu que la branche en question dispose d'un extrémité pointue.

Il y a autre chose. La tête est l'endroit le plus vulnérable du corps chez la plupart des animaux. Tenir un objet dans sa bouche ou sa gueule implique de l'approcher de ses zones vitales, tandis que les mains permettent de le conserver à une certaine distance. Et cela fait une différence colossale quand on aborde la question du feu. Je ne parle même pas d'allumer un feu ex nihilo mais simplement de déplacer un feu d'origine naturelle à un endroit qui sied mieux à ses intérêts, comme Homo habilis en était capable.3 Iriez-vous déplacer un bâton enflammé en en tenant l'extrémité entre vos dents ? Moyennement, hein… Alors qu'avec les mains, sans hésitation !

Cette main à pouce opposable est le deuxième facteur principalement à l'origine de notre avancée technologique colossale.

Si docile…

Restons dans ce qui s'apparente à de la technologie. Le fonctionnement habituel de la sélection naturelle veut que, du fait de la pression des prédateurs, les proies évoluent pour leur donner plus de fil à retordre. En quelques occasions, une paire d'espèces n'entrant pas dans une relation de prédation peuvent se rendre mutuellement service : c'est la symbiose.

Mais l'humain est la seule espèce au monde qui transforme volontairement les autres espèces à son avantage. Quelle créature hante notre imaginaire collectif de manière plus terrifiante que le loup ? C'était sûrement le plus efficace de nos prédateurs. Eh bien nos ancêtres ont élevé des louveteaux depuis la naissance, ont sélectionné les plus dociles et les ont entraînés à les protéger contre leurs cousins sauvages. Et petit à petit, à mesure que l'on ne gardait que les plus câlins et les plus obéissants de leurs descendants, nous avons créé de toutes pièces une espèce qui ne vit que pour nous servir : le chien. Notre pire prédateur était devenu le meilleur ami de l'homme. Quant à ceux qui étaient restés sauvages, nous les avons exterminés.

Et les exemples de ce type sont légion. Les bouquetins sautent beaucoup trop vite dans la montagne ? Qu'à cela ne tienne ! On va faire se reproduire entre eux et en cage les plus lents d'entre eux et donner naissance aux chèvres. Les vaches, les cochons, les moutons, les poules : tous sont des espèces « créées » par l'homme.

Quant aux prédateurs, nous avons consciemment entrepris de les exterminer : les ours, les lions, les tigres, etc. À quelques rares exceptions près, ce sont des espèces que nous ne mangeons pas, ce qui montre que les tuer relevait d'une volonté d'éliminer un concurrent et un prédateur. Nous les avons tellement affaiblis qu'à présent, nous pouvons nous permettre de les protéger !

Marche ou crève !

Quittons le domaine de nos prouesses intellectuelles pour aborder de plein pied tout ce dont nous sommes capables physiquement parlant. Et vous allez voir que, contrairement à une idée trop commune, l'être humain est loin d'être un animal faible et fragile.

Et en premier lieu, l'être humain est doté d'une endurance à toute épreuve. La plupart des animaux peut nous battre de vitesse mais cela ne dure jamais bien longtemps : le guépard peut certes courir à des pointes de 90 km/h mais seulement pendant une quinzaine de secondes, ce qui explique son taux d'échec drastiquement élevé. Aussi incroyable que cela puisse paraître, si un guépard commençait à pourchasser un humain à plus de trois cents mètres de celui-ci, il n'aurait à peu près aucune chance de le rattraper.

Nous sommes capables de chasser cette bébête avec juste nos pieds et des bâtons.

L'humain, au contraire, court relativement lentement mais peut continuer inlassablement pendant des heures. Même le cheval… Impossible de rattraper un cheval au galop, n'est-ce pas ? Ben si. Il faut prendre son temps mais, passé une trentaine de kilomètres, le cheval n'étant pas capable de maintenir un galop plus de quelques minutes4, un humain peut le rattraper et même le dépasser.5

Et cela, nous le devons à un certain nombre d'évolutions par rapport aux singes. La forme du pied, plus adaptée à la course que les « autres mains » des singes.6 Mais plus que tout, à notre système de régulation thermique. Notre pelage s'étant aminci — nous avons autant de poils qu'un singe mais ils sont beaucoup plus fins et beaucoup plus courts que les leurs — et nos glandes sudoripares s'étant développées, nous pouvons gérer notre température corporelle par la sudation plutôt que par le halètement, ce qui est bien plus efficace.5

Quel est l'intérêt d'une telle capacité, me direz-vous ? C'est de pouvoir pratiquer la prédation de poursuite. Pas besoin de dépasser la proie en vitesse de pointe, on se contente de la suivre de loin en loin jusqu'à ce que, épuisée par une trop longue course, elle se laisse rattraper : il ne reste alors plus qu'à l'achever. Cela est facilité par le fait que la vitesse moyenne de l'humain en course d'endurance est supérieure à la vitesse à partir de laquelle un animal doit passer de la course d'endurance au sprint et ce pour tous les animaux sans exception.5

Cette méthode de chasse n'est pas très rentable pour un lapin ou une belette mais elle est diablement efficace contre les grands herbivores : cheval, renne, cerf, antilope, etc. Et sans surprise, ces animaux représentaient l'essentiel du régime alimentaire de nos ancêtres préhistoriques.7 En fait, certains peuples pratiquent encore ou pratiquaient jusqu'à une date récente cette méthode de prédation : les San du Kalahari central chassent l'antilope — et même le guépard ! — les Tarahumara du Nord du Mexique aussi, les Navajo le faisaient encore dans les années 1920 et certains Aborigènes du Nord-Ouest de l'Australie pratiquaient ainsi la chasse au kangourou.8

Mais je vous sens encore sceptiques. Sachez que c'est notre mode de vie occidental des dernières décennies qui nous a désappris à parcourir de longues distances à la force de nos muscles. Une vieille Nîmoise de quatre-vingts ans me racontait que, dans sa jeunesse, tout le monde grimpait sur son vélo l'été pour aller à la plage. Comme vous connaissez sans doute mal la géographie camarguaise, je vous la refais : dans les années 1940, les jeunes gens faisaient cinquante ou soixante kilomètres de vélo dans chaque sens juste pour aller passer la journée à la mer, et cela ne leur semblait en rien extraordinaire. Encore quelques décennies plus tôt, les gens faisaient ce genre de trajets à pied : une journée dans un sens, une journée dans l'autre.

Crève, charogne !

Cela relève d'une certaine manière de l'endurance mais nous sommes dotés d'une capacité de résilience aux traumatismes étonnamment élevée. Chez la plupart des animaux de format équivalent ou supérieur au nôtre, la fracture d'un membre est fatale en raison des nombreuses complications, en particulier infectieuses. C'est pour cette raison qu'on abat généralement un cheval qui s'est cassé une patte : les chances de guérison sont trop minces.9

Même chez les animaux plus petits, le choc consécutif au traumatisme est souvent mortel, tandis que chez l'humain, il se résorbe assez vite. Peu d'animaux peuvent se faire brutalement trancher un membre et en réchapper : nous en faisons partie.

Il y a douze mille ans, armés seulement de couteaux en silex et d'une forme rudimentaire d'anesthésie, nos ancêtres pratiquaient la trépanation10 et 70 % des patients survivaient après cela.11 Une opération chirurgicale dans de telles conditions serait pour la plupart des animaux une forme inventive de meurtre avec barbarie.

Il y a 5500 ans, une jeune fille a survécu à… ça.

Le prédateur ultime

Par ailleurs, nous possédons d'autres aptitudes physiques bien développées utiles pour la chasse. Tout d'abord, nos capacités sensorielles sont moins mauvaises que nous le croyons d'ordinaire. Et le plus insoupçonné : l'odorat. Nous avons, pour des raisons essentiellement sociales, presque abandonné l'usage de ce sens. Pourtant, un humain avec quelques jours d'entraînement est presque aussi efficace qu'un chien pour retrouver une trace dans l'herbe. Pour être précis, nous distinguons moins d'odeurs différentes et à un seuil plus élevé mais, si nous sommes capables de la détecter, nous suivons une trace beaucoup plus rapidement et avec besoin de moins d'entraînement qu'un chien.12

Avez-vous déjà remarqué que, lorsque nous avons faim, toutes les odeurs nous paraissent plus fortes ? Croyez-moi que, si votre survie dépendait de pouvoir rattraper ce maudit bifteck sur pattes, vous sauriez distinguer son odeur de celle de la verdure environnante. Dans un autre ordre d'idée, on connaît tous la femme jalouse qui reconnaît le parfum d'une autre sous les effluves pourtant plus fortes de son homme. Ça va même plus loin : un humain ordinaire est capable de reconnaître ses enfants par le sang et ses parents biologiques seulement avec son nez.13

Mais laissons là l'odorat. Vous connaissez certainement cette sensation d'une présence dans la pièce ou dans votre dos. Ce n'est en rien un sixième sens mais simplement notre peau qui perçoit les très légers déplacements d'air causés par la respiration ou les déplacements de quelqu'un d'autre.14 Pour se convaincre de l'efficacité de notre toucher, il suffit de se rappeler que nous avons mis quelque chose d'aussi complexe que l'écriture sous une forme utilisable grâce au seul toucher.

Dernière performance physique, après j'arrête. Pendant des centaines de milliers d'années, nos ancêtres Homo sapiens ou d'autres espèces ont achevé leurs proies en leur lançant des bâtons pointus dans le gras. Tant et si bien que notre anatomie a évolué pour nous rendre plus efficace à ce jeu-là : nous sommes génétiquement programmés pour être doués au lancer de javelot.15 Au vu de mes performances dans cette discipline, je serais tenté d'émettre quelques doutes mais c'est prouvé.

Belle à croquer

Miam, les belles sauterelles !

Après la chasse vient l'heure de manger et se fait alors jour un autre de nos immenses avantages évolutifs : nous sommes omnivores. Cela ne signifie pas que nous mangeons effectivement de tout mais que nous sommes biologiquement aptes à tirer un profit nutritionnel d'à peu près n'importe quoi.

Et mine de rien, c'est une capacité assez rare dans le règne animal. Les chats mangent un peu d'herbe pour aider à leur digestion mais ils ne sauraient ne se nourrir que de cela. Les vaches peuvent à la rigueur consommer des farines animales — avec les conséquences que l'on connaît — mais on n'a jamais vu un herbivore brouter un filet-mignon.

L'humain, au contraire, peut faire feu de tout bois. Il y a bien sûr quelques exceptions, des poisons notoires. Mais pour le reste, nous sommes vraiment en mesure de digérer n'importe quelle espèce vivante. Êtes-vous conscients que la capsaïcine, qui donne leur goût aux piments, est un mécanisme de défense pour ne pas être mangé ? Nous en parsemons nos aliments pour le plaisir !

Vous allez certainement me rétorquer que l'on ne peut pas se nourrir d'herbe comme font les vaches. Ce n'est pas totalement vrai. Jusque vers le XIe siècle, lorsqu'il y avait parfois des famines abominables, nos ancêtres faisaient du pain à partir de fougères, d'herbe ou d'écorce d'arbre pour survivre. Évidemment, à ne consommer que cela on finit par en mourir mais cela peut toujours servir de palliatif.16

En fait, correctement nettoyé et bien bouilli, le crottin de cheval est comestible pour l'homme. Cette pauvre bête n'a décidément aucune chance face à nous…

To zôon politikon

Pour terminer, notre dernière force en tant qu'espèce est notre caractère éminemment social. On peut douter que se sentir obligé de prendre le café avec ses collègues de travail en déversant des monceaux de banalités représente une force. Et pourtant…

De manière générale, lorsque quelqu'un fait une découverte intéressante, il n'a qu'une envie, c'est d'aller le raconter à tout le monde. Et c'est ainsi que le bagage de connaissance de l'espèce humaine dans son ensemble a gonflé petit à petit jusqu'à représenter plus d'informations que le savoir de toutes les autres espèces réunies.

Ensuite, sauf coup du sort, nous ne sommes jamais seuls en situation potentiellement dangereuse. La plupart des prédateurs agissent seuls. Nous, nous sommes des prédateurs mais nous avons le comportement de défense des grands herbivores. À l'attaque, nous avons tous les avantages de la chasse en meute. À la défense, comment dire ? Un ours reste très dangereux même pour plusieurs humains armés. Mais il suffit de quelques pieux et d'une équipe vigilante pour l'enfermer dans sa tanière jusqu'à ce qu'il meure d'inanition.

Enfin, nous n'abandonnons pas les nôtres. Une Maman chat, si elle estime que son petit est trop faible pour survivre, va refuser de l'allaiter et le laisser mourir. L'humain, lui, va essayer de sauver le chaton. Plus sérieusement, les recherches archéologiques montrent que les handicapés n'étaient pas rares chez les hommes préhistoriques et que, loin d'être abandonnés, ils étaient pris en charge par les autres : on a de nombreux exemples d'handicapés de naissance ayant vécu plusieurs décennies ou de blessés graves et de vieillards nourris par la communauté.17 Plus près de nous, quand un handicapé mental naissait, il devenait l'idiot du village : pas bien utile à la société mais elle subvenait malgré tout à ses besoins.

Comment peut-on laisser mourir ça ? o.O

Que faut-il retenir ?

Que l'humain est un prédateur terrifiant. Il pourchasse ses proies sans jamais se fatiguer et utilisera n'importe quel objet à sa disposition pour rendre sa traque plus efficace. Blessé, il se régénère à une vitesse hallucinante et a peu de chance de mourir de ses blessures, même graves. En manque de proies, il peut se rabattre sur n'importe quel autre aliment. Pire que tout, il adopte ce qu'il y a de meilleur chez ses proies, l'adapte à ses capacités de prédateur, et s'en sert comme défense face à ses propres prédateurs, qu'il finit par exterminer. Et tout ça avec un débile mental dans le sac à dos !



Sources

 1 Voir, par exemple, sur la capacité des primates à apprendre des règles : D’AMATO (Michael R.), COLUMBO (Mike), 1988, « Representation of serial order in monkeys (Cebus apella) » dans Journal of Experimental Psychology: Animal Behavior Processes 14, p. 131-139.

 2 Voir par exemple : PRUETZ (Jill D.) et al., 2007, « Savanna Chimpanzees, Pan troglodytes verus, Hunt with Tools » in Current Biology 17, p. 412-417.

 3 JAMES (Steven R.) et al., 1989, « Hominid Use of Fire in the Lower and Middle Pleistocene: A Review of the Evidence » dans Current Anthropology 30, p. 1-26. Texte intégral.

 4 HARRIS (Susan E.), 1993, Horse Gaits, Balance and Movement, New York, p. 47-49.

↑ a b c LIEBERMAN (Daniel E.), BRAMBLE (Dennis M.), 2007, « The evolution of marathon running : capabilities in humans » dans Sports Medicine 37, p. 288-90.

 6 CAMPBELL (Rolian) et al., 2009, « Walking, running and the evolution of short toes in humans » dans Journal of Experimental Biology 212, p. 713-721.

 7 Note aux végétar/liens prosélytes : désolé de vous décevoir mais l'humain est fait pour manger de la viande, toute notre anatomie est optimisée pour que nous soyons des prédateurs.

 8 LIEBENBERG (Louis), 2006, « Persistence Hunting by Modern Hunter‐Gatherers dans Current Anthropology 47, p. 1017-1026

 9 Par exemple : ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE, 1995, Manuel pour les agents vétérinaires communautaires, Rome, chap. 9, module 74.

 10 RUTKOW (Ira M.), 2000, « Trephination » dans Archives of Surgery 135, p0. 1119.

 11 ANDRÉ (Daniel), BOUTIN Jean-Yves, 1995, La grotte-aven des Baumes-Chaudes & les trépanations crâniennes dans les Grands Causses.

 12 CHECK (Erika), 2006, « People track scents in same way as dogs » dans Nature News.

 13 PORTER (Richard H.) et al., 1985, « Odor signatures and kin recognition » dans Physiology & Behavior 34, p. 445-448.

 14 Impossible de trouver une source pour celui-là : je ne tombe que sur des sites de paranormal qui me parlent de fantômes. Cependant, un phénomène similaire nous permet de détecter les infrasons.

 15 ROACH (Neil T.) et al., 2013, « Elastic energy storage in the shoulder and the evolution of high-speed throwing in Homo » dans Nature 498, p. 483-486.

 16 BONNASSIE (Pierre), 1989, « Consommation d'aliments immondes et cannibalisme de survie dans l'Occident du haut Moyen Âge dans Annales. Économies, Sociétés, Civilisations 44, p. 1035-1056.

 17 BELNET (F.), « La compassion chez les hommes préhistoriques, un thème d’étude à part entière » sur Hominides.com.

4 septembre 2014

[Brève] Tuto de survie en milieu hostile : être étudiant

Io les moches. Aujourd'hui je vais vous filer deux ou trois conseils de survie chez soi tout seul, quand on est un flemmard, qu'on a la flemme de cuisiner et surtout quand le rangement n'est pas son fort. Écoute-moi bien homme célibataire de 2014 fraîchement sorti du cocon familial, ce tuto est pour toi. Naaaan, j'déconne, c'est aussi pour les minettes : range ce flingue, Mar_lard !

Le mobilier

Te voilà donc installé dans ton joli petit 19m² près de ta fac, ton meublé est spartiate mais tu es enfin chez toi, ta liberté s’acquiert, un vent nouveau souffle dans tes cheveux soyeux. « Mais qu'est-ce que je fous dans mes placards » me diras-tu. Tonton Zeke est là pour te faire partager son expérience. Avec en guest star, Tonton Carnufex qui donne son avis de vieux routier du système D.

On va commencer par l'essentiel.

Là, par exemple, le lit est trop solide…

La vaisselle

T'emmerde pas avec beaucoup. D'une, ça prend de la place et tu n'en as pas beaucoup, de deux, tu verras, quand t'as rien pour la poser, ça traîne vite n'importe où. Le gros avantage à n'avoir qu'un seul jeu de couverts, c'est que ça t'oblige à faire la vaisselle à chaque repas. Gain de place, gain de temps et gain d'hygiène. Y'a bon coco.

Les meubles

Une table basse Ikea1 à six euros et un bureau convenable feront l'affaire. La première te servira à éviter de poser des trucs par terre. Mais veille à ce que ta table rentre dans ton frigo. Rigole pas, c'est vraiment utile. Avec 19m², chaque gain de place est précieux. Et d'façon, ton frigo est quasiment tout le temps vide, autant qu'il serve un peu. Le bureau te servira à poser ton PC, tes watmille écrans et éventuellement à bosser.

Les couchages

Il t'en faut obligatoirement deux. C'est indispensable. Démerde-toi pour trouver la place. Le premier te servira à dormir, le second à coucher des potes / des copines et, quand tu seras tout seul, à poser tes fringues, tes bouquins, tes cours. Bref, à trouver un endroit sûr pour tout ce qui est indispensable. Si tu es sournois, tu peux aussi inviter innocemment des demoiselles / de jeunes messieurs en leur disant « tékaté bb G 2 li ». Dans ce cas, planque quelques lattes du second lit dans ton frigo (encore lui) et c'est GG. Ou direction commissariat, tout dépend ton sexe pomme2.

Les plus

Veille à avoir un gros sac poubelle de 150L pour foutre le linge sale. Ça t'évite de raquer un panier à linge sale et c'est plus facile quand tu veux aller faire une lessive.3 Ne lésine pas sur les multiprises : tu vas voir, les sources de courant, ça manque.

Le conseil indispensable : achète un aspirateur (ou vole-le, haha !). Garde-le branché en permanence, avec 19m² tu peux couvrir tout le périmètre rien qu'avec la longueur du tuyau. Aspire dès que tu fais tomber un truc, ça évitera que des bestioles se pointent en pensant que ton sol est un buffet à volonté ! Ça permet aussi de tuer les moustiques, mouches et araignées qui viendront squatter chez toi. Même si je te conseille de laisser les araignées en vie, c'est le meilleur insecticide gratuit que tu pourras trouver.4


Le supplément du Carnuf. Si tu vis dans une grande ville ou, plus encore, à Paris, fais les poubelles. Nan, sérieux, tu serais étonné de voir tout ce que les gens balancent alors que c'est neuf ou encore en bon état. J'ai gagné deux PC comme ça lors de mes folles années parisiennes !

La bouffe

Un être humain — civilisation extraterrestre casse-toi de ce téladiaire — a besoin de manger pour vivre. Même sans un rond et sans savoir cuisiner, on peut réussir à bouffer à peu près correctement. Je vais te montrer comment.

Les bases

Pâtes, riz. Les classiques de chez classique. Ça ne se périme pas, c'est rapide et à la portée du dernier des cons — faire bouillir l'eau, mettre les pâtes / riz, attendre et manger — ça remplit efficacement et c'est pas cher. Pour accommoder, je te conseille de faire revenir des aubergines avec des lardons. C'est rapide et c'est bon. Les aubergines se conservent super longtemps qui plus est.

Un autre conseil est d'avoir sans cesse une blinde de nouilles instantanées dans ton placard, ça se mange cru ou cuit. C'est prêt en une minute trente et c'est pas si dégueu. De plus les herbes chelou ou les sachets de sauce concentrée peuvent être utilisés pour cuisiner un autre truc — tomates, aubergines, petit Grégory, etc. — ce qui est un plus pour varier les goûts.

Ouais, mais moi je veux manger de la blanquette de veau, de la fondue savoyarde et de la tartiflette. Oublie tout simplement le confort culinaire de ta maison. D'une, t'as pas les moyens. De deux, t'as pas la place. Évite tout ce qui est poisson, friture etc. Ça va sentir pendant trois plombes dans ton appart.5 Privilégie le rapide, le conservable et le facile. Ça t'évitera de jeter ce que t'as fait en trop ou de jeter parce que t'as foiré ton plat. Pense pognon, mec !

Le menu de base de l'étudiant fauché, tout le monde vous le dira.

Les plus

La sauce soja : toujours une bouteille. Ça donne du goût quand tu manges un truc qui n'en a pas. Utile.6

La viande. Je te le cache pas, la viande, c'est cher. Mais si tu veux des protéines, tu peux acheter du pâté de foie, c'est pas cher et c'est bon. Les lardons aussi. Mais le must reste les steaks surgelés, pas cher, goutu et protéiné : l'arrière-goût de Creutzfeld Jacob est très fameux ! Surtout, ça va avec tout. N'hésite pas à les émietter dans tes pâtes, ça permet de tenir.

Yaplurienamanger. Sois pote avec tes voisins. Ou fais-toi livrer une pizza. Avec les bonnes réducs et le format familial, tu peux manger pendant trois jours avec une seule.

Yatoukipourrit. Film alimentaire mon gars, ça empêchera ta nourriture de se dessécher. Grand max deux jours au frigo pour un plat cuisiné.

Pour le calcium : une bouteille de Yop de sous-marque au frigo. Un seul emballage à jeter, qui plus est refermable, tu peux laisser traîner ça dans un carton si tu as la flemme de descendre les poubelles ça va pas créer de zergs.7

Dernier conseil : mange au CROUS. Pas de vaisselle à faire, c'est cool. C'est pas trop cher et pas si immonde.


Le supplément du Carnuf. Si tu vis dans un lieu qui connaît l'hiver neuf mois dans l'année — au Nord d'Orange, donc — tu peux faire de grosses économies de frigo. Il suffit d'emballer la bouf dans un sac plastique — pour la pluie — et de la laisser sur le rebord de ta fenêtre — pas au RDC, donc. À Paris, ça marche d'octobre à avril, la classe.



Les notes du Carnuf

 1 Alinea, c'est bien, c'est comme Ikea mais c'est français et c'est plus solide.

 2 Celle-là, elle est raide, il abuse un peu…

 3 Ou alors, tu fais pas ta chochotte radine et tu mets quelques euros dans un sac de marin — conçu spécialement pour porter du linge sur l'épaule — ou un sac en toile pour entreposer les déchets verts : garanti incassable, la couleur vert douteuse te fera passer pour un militaire. Et ça fait quand même moins clodo que se balader dans les rues avec un sac poubelle / Tati.

 4 Note du Carnuf qui a vécu en Camargue : lu et approuvé !

 5 Ça y est, il refait sa chochotte ! Le poisson, c'est indispensable dans une alimentation étudiante, bikôz gras et protéines animales pour moins cher que de la viande, stou. D'une, y'a le thon en boite, divin avec les coquillettes. De deux, y'a un truc trop bien qui s'appelle les sprays assainissants aux huiles essentielles. Y'en a des bien chez Fleurance ou Puressentiel. Tu balances ça quand y'a un truc qui pue dans ta maison, ça élimine l'odeur et les bactéries en prime, gain d'hygiène, coco. Bonus frappe : si tes murs ou ton plafond se mettent à moisir, ça bute aussi les champignons !

 6 Penser aussi au curcuma, ça se trouve en poudre, ça colore les pâtes et c'est bon contre le rhume et la toux.

 7 Sincèrement, faut pas abuser du lait de bas étage. C'est pas indispensable d'en consommer beaucoup et il vaut mieux pour la santé bouffer moins souvent des laitages mais se payer un comté AOC ou de la crème fraîche entière de qualité.

1 septembre 2014

[Brève] Recette : la mousse au spéculoos

Voilà la bêêête !

Qui a dit que le geek ne savait pas cuisiner ? Vous voulez une recette simple ET rapide pour épater vos amis / votre conquête / votre labrador / vous-mêmes (rayez les mentions inutiles) ? Suivez le guide. Une recette bien du Nord donc bien calorique !

Quoi qu'y faut ?

Pour quatre bons mangeurs ou six verrines plus traditionnelles.

  • Un demi-litre de crème liquide entière type Elle&Vire.
  • Vingt spéculoos — on en trouve dans tous les supermarchés, même dans le Sud alors aucune excuse !
  • Une cuillère à soupe de chicorée liquide de chez Leroux, les seuls qui font de la chicorée liquide à diluer, je crois. C'est un peu plus exotique mais cela se trouve soit au rayon café instantané soit au rayon préparation culinaire.
  • Du sucre glace — je le fais au pifomètre : il faut goûter le mélange et ajuster selon ses goûts, c'est ce qu'il y a de meilleur en cuisine !
  • Pour la déco, des brisures de spéculoos ; pour les feignasses, on peut en trouver du tout fait.

Quoi qu'on fait asteur ?

  • Il faut tout d'abord fouetter vigoureusement la crème — hummm … — avec le sucre glace afin d'en faire une sorte de chantilly mais en moins ferme.
  • Incorporez-y les spéculoos préalablement émiettés à l'aide d'un pilon. Là encore, pour les feignasses, vous pouvez le faire de manière mécanique. Le blender fera une poudre et la texture de la mousse sera onctueuse ; le pilon fera des éclats plus ou moins gros et on aura une texture onctueuse ET croquante. À vous de voir !
  • Ajoutez ensuite la chicorée liquide. Mélangez bien. Goûtez le mélange et rajoutez du sucre glace si cela vous semble trop amer.
  • Disposez la préparation dans les verrines. Décorez de brisures de spéculoos. Recouvrez d'un film plastique pour éviter que le mélange ne « sèche » au-dessus. Perso, mes verrines fétiches pour cette mousse sont des petits bocaux, style Le Parfait, que vous pouvez acheter neufs, chiner ou récupérer si vous avez un producteur de foie gras pas loin de chez vous. Comme il y a un couvercle, c'est l'idéal pour stocker votre mousse sans qu'elle sèche. Laissez au réfrigérateur trente minutes minimum.
La classe, hein ? J'ai dû en faire pour que vous voyiez à quoi ça ressemble. C'est pas beau ce sacrifice ?

En bref…

Si avec ça l'élu(e) de votre cœur ne vous tombe pas dans les bras, changez-en ! Il/Elle n'a pas de goût. Pour les chochottes qui tombent en syncope à l'idée de prendre quelques grammes, vous pouvez remplacer la crème liquide entière par de l'allégée mais vous mériteriez la pendaison pour trahison : un dessert allégé, c'est un oxymore !

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