Après mure réflexion, je me suis dit que, quitte à parler de jeu vidéo ici, fallait que je commence avec un truc qui ait des couilles grosses comme mon poing. Mon choix s'est alors porté sur Borderlands 2, parce qu'il remplissait et même dépassait de beaucoup la condition, et Dieu sait que j'ai de grandes mains. De plus, étant donné que j'y joue un an après, eh bah ça fait de moi un précurseur du retrogaming et tout le monde peut pas en dire autant.

« Tonton WiseKitteh, raconte nous comment c'est Pandora ? »

La chasse au Rakk, équipé d'un fusil à pompe à lunette, chargé à la chevrotine explosive : glorieuse incertitude du sport, et proximité entre le prédateur et sa noble proie.

Pour faire simple, Pandora, c'est un monde formidable où les mecs de Gearbox nous ont envoyés juste comme ça, pour le fun. Et puis un peu aussi parce qu'il s'y trouve une relique alien d'une valeur inestimable, alias « toi aussi, deviens Indiana Jones (frigo non inclus) ». Si tout le truc s'était passé sur Terre, ç'aurait été vachement moins funky. Je m'explique. Dans cette espèce de FPS légèrement mâtiné de meuporg on passe globalement son temps à ravager la faune et la flore, molester les populations locales, piller tout et n'importe quoi, et profiter de la course à l'armement motivée par l'économie florissante de ce nouveau monde. En y repensant, ça fait un poil penser à la vie d'un braconnier indien.

Je crois qu'on tient un truc, là. Pandora, c'est un peu comme l'Inde, mais en mode MAXIMUM OVERDRIVE. Exit les tigres et autres éléphants qu'on attrape au fusil de chasse ; maintenant, le gibier fait douze mètres de haut et on le poursuit avec une batterie de DCA. Enfin, on le poursuit, c'est vite dit.

Pandora, sweet Pandora

Si y'a bien un truc à comprendre, c'est que sur Pandora, l'écologie, c'est plus ou moins du terrorisme. Étant donné que l'environnement est sans pitié et que chaque animal, végétal ou minéral (ouep) peut et va essayer de te tuer, le plaisir du massacre se révèle double puisque, à la différence de l'Inde, chaque créature sauvagement découpée à grands coups d'ogive nucléaire ne te pourrit pas ton karma mais est un véritable service rendu à la planète. La destruction complète de l'écosystème est alors devenue une sorte de sport national pour des raisons évidentes de survie, ce qui a entraîné un progrès technologique absolument incroyable du point de vue de l'armement. Et c'est tant mieux.

Seul(s) contre tous

Oui, le « s » est entre parenthèses, puisque face à Pandora, vous n'êtes pas si seuls que ça. Commençons par les chasseurs de l'arche. Au nombre de six, ils sont les personnages que vous pouvez incarner dans Borderlands 2.

Maya

Ladies first, Maya est une sirène, c'est à dire issue d'une race dotée de pouvoirs surpuissants. Ayant un faible pour les armes élémentales, elle peut attraper ses ennemis par la pensée et les mettre bien en hauteur pour que toute l'équipe les massacre, non sans leur infliger quelques dégâts au passage. Très puissante dans les mains de quelqu'un qui a un peu d'expérience.

Axton

Ancien militaire recherché par Hyperion pour crimes de guerre et avec une certaine passion pour le meurtre, il peut sortir de nulle part des tourelles automatiques qui font tout le taf à ta place. Un gros truc de planqué, mais j'aime bien les gens qui le jouent quand même, parce que l'homophobie, c'est mal.

Zer0

Un assassin, extrêmement dangereux au corps à corps et à très longue distance. Capable de se rendre invisible et de coller de gros dégâts à sa réapparition (c'est toujours drôle d'abattre un boss gigantesque après un saut de trois mètres et un coup de baïonnette). Absolument imprenable en PvP, à tel point que mon meilleur pote décide l'abandon dès le début, comme ça c'est réglé trois secondes plus vite.

Salvador

Parce qu'il y a toujours besoin de trucs sales, la liste des crimes perpétrés par Salvador nécessite une annexe pour l'affiche « Wanted! » tellement elle est longue. Son truc à lui, c'est les flingues, à tel point qu'un seul ne lui suffit pas. Ce perso vaut son pesant de cacahuètes juste pour la possibilité de se faire les ennemis avec un lance-roquettes dans chaque main.

Gaige

A l'origine de la polémique du « girlfriend mode », ce personnage est le truc nécessitant le moins de talent de toute l'histoire du FPS. Avec des capas comme les balles qui ricochent, l'augmentation de puissance à chaque fois que tu finis un chargeur ou à chaque victime, le tout au détriment de la précision, ou encore la possibilité d'invoquer un robot géant qui se charge du taf tout seul comme un grand, Gaige a clairement été conçue pour permettre à des gens sans aucune expérience de pouvoir jouer avec un ami sans se farcir tutoriel sur tutoriel sur de longues heures de progression. Ça reste toutefois super fun à jouer, du point de vue « j'fais nawak, mais ça tue des gens quand même ! »

Krieg

Ma nouvelle passion. Le sadomasochisme est le mécanisme principal du jeu avec Krieg, ce qui donne un jeu assez nerveux et agressif, à base de sauts en plein dans la mêlée, de prises de risques inconsidérées mais souvent payantes, de massacres à coups de hache, d'auto-immolations par le feu, et de suicides à l'explosif. Autant dire que l'on s'amuse beaucoup.


Sinon, pour vous aider à massacrer du monde, il n'y a pas que les trois amis qui peuvent vous rejoindre en coop. Comme on dit très souvent, « Les ennemis de mes ennemis sont mes ennemis. Et leurs ennemis aussi. » Comment ça, cet adage ne veut rien dire ?

Remettez les choses en perspective : qui dit richesse illimitée dit conflit d'intérêts. Une grosse compagnie nommée Hyperion débarque sur une planète pour y pomper toutes les richesses. Ça vous intéresse aussi, ainsi que vos trois copains mercenaires. Très bien. Vous allez vous foutre sur la gueule. Sauf que va falloir négocier les droits de résidence avec les aborigènes et la faune, notamment en déployant une fortune en plomb. Et en plus, votre business intéresse particulièrement les pillards de la zone, qui comptent pas se contenter des miettes. Ajoutons que, dans chacun de ces grands groupes, il y a des barrières entre espèces et gangs et tout de suite ça devient drôle, puisque ça donne lieu à des combats épiques en PvEvE, ce qui finit très vite en n'importe quoi.

Comme un léger sentiment d'overpower

Pour commencer, chaque Chasseur de l'Arche est une véritable machine à tuer en lui-même, le fait que chacun d'entre eux ait réussi à survivre seul jusque là en constituant la preuve majeure. Si on ajoute à ça les armes surpuissantes et la thune illimitée, on peut résumer la situation de façon simple : sur Pandora, tu as un gros pénis. Genre trèèèèèèès très gros.

Pour le coup, y'a vraiment de quoi s'amuser. Il y a vraiment une infinité d'armes différentes — la variété est le fruit soit de détails minimes, comme la tronche du viseur, soit d'améliorations qui changent une arme du tout au tout, comme une baïonnette ou une version élémentale de son nouveau joujou — planquées (ou pas) dans pratiquement autant d'endroits, à tel point qu'on peut cueillir des revolvers dans les buissons et trouver des fusils d'assaut dans un paquet de chips. Économie planétaire florissante oblige, la société de consommation — et un peu l'instinct de survie aussi, l'évolution c'est pas des conneries — te pousse à trouver toujours plus gros, toujours plus puissant, toujours plus cher, et c'est assez drôle de se rendre compte que le revolver que l'on vient tout juste de trouver est deux fois plus puissant que le bazooka qu'on a jeté ou revendu trois heures plus tôt.

Ça n'empêche pas que, de temps en temps, une bonne hache dans la mouille, ça calme même les plus casse-burnes.

En plus des flingues normaux, il y a aussi des joujoux assez rigolos sur Pandora. Ça va des toutes bêtes cartouches explosives jusqu'aux armes élémentales, voir éridiennes.

Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? Tout simplement un générateur à LOL supplémentaire. Il est ainsi possible de mettre le feu, électriser, recouvrir d'acide ou de slag (substance chimique rendant vulnérable aux autres types de dégâts) n'importe quel ennemi d'une seule balle, avec les avantages et les inconvénients sur chaque type d'ennemi — le feu est drôle sur la chair, l'acide sur le métal, et ainsi de suite. Les armes éridiennes, c'est encore un autre délire. En théorie, ce sont des reliques d'une civilisation extraterrestre très puissante. En pratique, ce sont des armes avec une puissance de feu monumentale et des effets peu conventionnels : balles à tête chercheuse, rebondissantes, etc.

Mais concrètement, quand on y joue, ça donne quoi ?

On va se mettre d'accord tout de suite. L'histoire est cool, les personnages ont pour la plupart un charisme monstrueux mais ce qui prime, c'est le côté nerveux et complètement WTF du gameplay. Plusieurs fois, j'ai été obligé de m'arrêter à cause d'un fou rire sur un kill absolument improbable ou sur un nettoyage complet du camp adverse de façon inattendue qui te fait dire : « merde, c'était pas prévu, désolé les gars ». Grosse force du jeu, le multi permet de ravager la planète avec trois de ses amis, de se friter contre des ennemis un poil plus fort et d'obtenir du butin beaucoup plus puissant, histoire de nous obliger à nous foutre sur la gueule entre coéquipiers. Sont forts ces chacaux de développeurs. Petit inconvénient toutefois, la difficulté du jeu : même en True Vault Hunter Mode, sorte de « New Game + », on déroule les ennemis sans grosse résistance. Heureusement, ça va être compensé assez vite. Et ça a été compensé assez vite. Deux augmentations du level cap, le faisant passer de 50 à 72, plus de nouveaux modes de difficulté complètement débiles. ENJOIE !

Conclusion

Gameplay

J'sais pas vous, mais moi je trouve ça plutôt jouissif de devenir puissant à ce point dans un jeu. J'veux dire, y'a qu'une ou deux heures de jeu d'écart entre le moment où tu te dis « OMONDIEU C'T'UN HÉLICO DEDANS LE CIEL ET IL A UNE GATLING » et celui où tu te mets à le poursuivre en sautant de toits en toits pour lui rappeler quel goût a le sol. Les sensations de tir sont plutôt agréables et les armes sont tellement puissantes qu'elles pourraient appartenir à la collection privée de -D4Rk G3N3SiS- K3ViNl3d3m0nlsTe. Je mettrais un bon 16/20 rien que pour ça.

Scénario

Même s'il est plutôt sympa, le scénario est parfois un peu bateau. Heureusement qu'il y a du méchant über-charismatique pour compenser. Par contre, niveau dialogues, ça fait plaisir de voir qu'on s'est pas foutu de notre gueule. Des répliques démentielles, des voix cool — Le Beau Jack est doublé par le doubleur de Cartman — ça sera un 15/20.

Ambiance

Du point de vue de l'univers graphique, à part quelques textures un peu brouillonnes, parfois, le jeu est magnifique, quoique très particulier, le cell-shading pouvant déplaire à certains. Le soin apporté au design des armes est super agréable, avec une quantité de petits détails visuels et sonores rendant chaque arme unique.

Les ennemis sont dans l'ensemble bien foutus, et les boss sont tellement énormes, aux sens propre et figuré, que chaque baston est un énorme morceau de bravoure : y'a juste à voir les bastons contre Wilhelm, Bloodwing, BNK-3R, ou The Warrior pour comprendre de quoi il en retourne. Sans hésiter, 18/20.


Soit un total de seize virgule troitroitroitroitroitroitroitroitrois, ce qui est tout de même honorable. Vous me direz, heureusement qu'ils ont une réussite récente chez Gearbox, ils ont en quelque sorte compensé Aliens : Colonial Marines par anticipation. Chapeau les gars.

J'avais une légende parfaitement cohérente pour cette image jusqu’à ce que je sorte mon deuxième flingue et quHAHAHAHAHAHAHAAAAAAAAAAAAAJAJAJAJAJAJAJAJAJAJAJAJAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA DEUX FLIIIIIIIIINGUES §§§§§