« Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font. »

On a beaucoup monté en épingle la fameuse affaire dite « de la crucifixion de Jésus-Christ ». C'est vrai qu'à première vue, cela semble une cérémonie barbare d'exécution d'un pauvre hère, dirigeant d'une secte pacifique. Mais ce serait oublier le contexte socio-économique de l'époque. En vérité, je vous le dis, c'est la plus ancienne publicité pour la fameuse chaîne Monsieur Bricolage dont on ait la trace ! Vous connaissez tous le principe : cette colle est tellement forte qu'on peut coller quelqu'un au plafond avec. Eh ben là, c'était pareil, mais avec les moyens de l'époque.

Pourquoi Jésus, alors ? Pour plusieurs raisons. Déjà, Jésus, c'était le bogosse du coin, ça faisait venir de la minette. Et qui dit minette, dit chéri bricoleur de la minette ! Ensuite, c'est bien beau le peace and love, mais les distributions de pain et de poisson, ça coûte des sous : fallait bien que Jésus bosse de temps en temps pour gagner sa croûte. Enfin, et le plus important, la croix. On se souvient tous que Joseph, le père de Jésus, était charpentier : à lui aussi, ça faisait de la pub ! Les esprits chagrins me diront que chez Monsieur Bricolage aussi on peut acheter des poutres. J'en conviens, mais pas à l'époque : l'entreprise n'avait pas encore absorbé Nazareth & Fils et se concentrait donc sur la technologie métallurgique de pointe. Voilà toute l'histoire.

Pourquoi alors a-t-on cette image noire de l'événement ? C'est très simple en vérité. Que connaissons-nous de la vie de Jésus ? Ce que ses disciples en ont rapporté, et presque rien d'autre. Et vous connaissez les fans de la première heure, vous savez comment ils sont : « c'était mieux avant, avant que ça devienne commercial », toussa toussa. C'est exactement ce qui est à l'œuvre ici. Quand il a vu le cachet que lui a versé Monsieur Bricolage pour sa prestation amateur, Jésus s'est dit qu'il était temps de se laver les cheveux et d'entrer dans la vie active. Il s'est alors lancé dans une brillante et fulgurante carrière de mannequin pour sous-vêtements — sa célèbre « couche-culotte » — avant de reprendre l'entreprise de Papa pour finir par la céder à Monsieur Bricolage contre une juteuse plus-value qui lui permit d'aller finir sa vie dans une villa à Shiqmona. Autant dire que pour ses amis hippies, il est mort ce jour-là, métaphoriquement parlant du moins. Quant à Judas, tout porte à croire que c'est lui qui a mis Jésus et les publicistes de l'entreprise de bricolage en contact, ce qui explique son sort peu amène dans la biographie romancée de son maître à penser.


Pour un autre épisode méconnu de la vie de Jésus, c'est par ici.