Salut ça va ? Lol, vous pouvez pas répondre.

Bon, les faux-vrais racistes. Questcéquoi ? Ce ne sont ni des racistes, ni des vrais-faux racistes. C'est plus subtil que ça. *suspense*

Pourquoi je vous parle de ça ? Non pas que ce soit un sujet qui me tienne particulièrement à cœur mais, depuis quelques temps, avec l'âge sans doute, je me suis rendu compte qu'on pouvait dire/penser/croire tout et n'importe quoi sur le sujet. Comme sur plein d'autres sujets, je vous l'accorde, mais il faut bien commencer quelque part. On aurait pu parler des allocations familiales au Japon mais c'est un sujet beaucoup plus classique, donc moins intéressant. Je crois que nous avons tous beaucoup à apprendre sur le racisme et par la même occasion sur notre façon de réfléchir aux petites choses de la vie. Voilà donc un article qui, j’espère, vous amènera à un regard nouveau sur le sujet mais aussi sur les conversations qu'on peut avoir en société ou sur les conneries qu'on peut voir à la télé.

Je ne veux surtout pas lancer de débats interminables ou faire venir les trolls intersidéraux mais simplement partager une prise de conscience qui j'espère amènera un peu plus de tolérance dans les cœurs et aidera certains à changer leur comportement. *apparition d'un arc-en-ciel*

Pourquoi je vous parle de racisme ?

C'est en regardant un épisode de la série Fais pas ci, fais pas ça, dont le thème principal était le racisme, que je me suis mis à réfléchir à la question.

Petite parenthèse sur cette série qui se laisse bien regarder. Pour une fois qu'une série française sort du lot... Je vous conseille donc de regarder cet épisode qui est tout simplement très drôle. Il s'appelle, « Le nouveau voisin ». Vas-y, tu peux cliquer.

La série a pour but de survoler à chaque épisode un sujet de société, celui-ci parle de racisme. On y voit les comportements typiques des faux-vrais racistes. Mais entre regarder un épisode d'une série et se dire qu'on va pondre un article sur le même thème, y'a quand même une réflexion. D'abord, suis-je bien placé pour parler de racisme et puis surtout, est-ce que cet article peut apporter quelque chose ? Ajoutons à cela qu'entre le moment où j'ai commencé à rédiger cet article et le moment où il a été publié, il s'est passé quelques jours. Quelques jours durant lesquels l'actualité traitait du sujet. Il y a eu les mots de M. Le Pen père, déformant ceux de Christiane Taubira, puis les insultes lancées à cette dernière. S'ensuivirent des meetings et autres manifestations. Bref, on dirait que c'est la mode de parler de racisme. Le point commun entre ces événements médiatiques, organisés majoritairement par des partis politiques, est qu'ils traitent tous du racisme mais de façon superficielle, en parlant d’extrémisme, de marginalisation... De jolis mots pour dire « le racisme c'est mal » mais au final bien loin de ce qu'on peut vivre au jour le jour, loin du racisme sournois ou insinué, loin des comportements populaires et de ceux des faux-vrais racistes. Personnellement, je n'ai pas pour but de faire de la pub pour un parti politique, j'ai plutôt l'intention de vous sensibiliser — d'une façon peu orthodoxe, certes — sur un racisme qu'on ne soupçonne pas forcement mais qui est bien présent.


Pour ce qui est de la légitimité de mes propos, j'ai la chance — enfin, je pense que c'est une chance — de vivre dans un milieu où se côtoient des personnes d'origines ethniques, géographiques et sociales très variées. Quinze nationalités différentes sont présentes dans mon équipe, au travail. J'ai la chance de pouvoir faire des blagues racistes, d'en être parfois la cible, et ça fait rire tout le monde car chacun sait reconnaître l'humour lorsqu'il est bien amené. J'ajouterais à ça un petit mot sur ma neutralité. Je n'ai jamais été réellement victime du racisme, je n'ai ni un regard de victime ni de coupable. Et pour ceux qui pensent « ha mais oui mais toi t'es un Français de souche, un Gaulois, tu sais pas ce que c'est le racisme », je leur répondrai que je suis Italien, Breton, Écossais, Basque, Espagnol, en plus d'être moitié Picard, moitié Parisien et si ça se trouve un peu Juif. Alors bon, côté mélanges, ça va pour moi.

Voilà pour la partie « suis-je bien placé pour en parler ». Pour ce qui est de la pertinence des propos, j'ai tout simplement eu ce même genre d'échanges, à l'oral, avec des amis (sisi, j'ai des amis) et la discussion fut longue et très interactive. Elle a soulevée des idées, fait apparaître divers points de vue. Bref, une discussion intéressante puisqu'elle a amené chacun à réfléchir sur le sujet, à l'aborder d'une manière peu conventionnelle et en tirer des conclusions personnelles nouvelles. J'espère que la version écrite aura le même effet sur vous.

Attention ! Il est évident que je ne vais pas retourner la question du racisme dans tous les sens. Ça prendrait des plombes et puis ce serait chiant. Cet article n'est pas un exposé sur le racisme. Alors oui, j'ai choisi des exemples bien précis, non je ne suis pas exhaustif. Je préfère vous prévenir. Et si vous êtes pas content, faites Alt+F4 !! :D

Ce que dit Larousse.

Commençons par le commencement. Voici la définition qu'on trouve dans le dictionnaire Larousse. Pourquoi celui-ci ? Mhm... je sais pas, ça collait bien au thème je trouve.


Idéologie fondée sur la croyance qu'il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races » ; comportement inspiré par cette idéologie.
Attitude d'hostilité systématique à l'égard d'une catégorie déterminée de personnes.


La rousse, elle est bien gentille mais je ne suis pas tout à fait d’accord avec la première définition. Alors non, on ne va pas commencer à vanner ou charrier les roux et les rousses. De toute façon, ils ont un ange, un qui les protège. Oliver qu'il s'appelle.

Si on prend l'origine du mot, dans racisme, il y a « race » et par conséquent, on comprend mieux la première définition. La seconde est cependant beaucoup plus d'actualité et elle dit bien que le racisme peut atteindre n'importe quelle catégorie de personnes. Aujourd'hui, la définition qu'on se fait du racisme est à cheval entre celles du dico. Reprenez-moi si je me trompe mais il me semble qu'on a simplifié ça de la sorte.


Attitude d'hostilité systématique à l'égard d'une catégorie de personnes déterminée par leur « race ».


On en oublie donc l'idée de supériorité hiérarchique et on précise quel genre de catégorie. On oublie donc que le racisme est très général et peut s'appliquer à des tas de comportements.

Donc, en gros, si vous vous moquez des moches, des handicapés, des geeks ou des Kévins, bah vous êtes racistes. Mais alors, êtes-vous de vrais racistes, de faux-vrais racistes ou bien de vrais-faux racistes ?

Revenons cinq minutes sur les événements médiatiques de la semaine. Rappelez-vous, les insultes envers Mme Taubira. Le PS a tenu un meeting intitulé « Défendre la République contre les extrémismes ». Ce qui m’intéresse ici, c'est bien sûr le titre. On est bien loin de M. Lepic et de ses allusions sur son voisin. Ici, on sort l'artillerie lourde, on va combattre l’extrémisme. Un meeting sur la défense contre l’extrémisme pour parler d'un combat contre le racisme. Est-ce que ça veut donc dire qu'aux yeux du PS, ne sont qualifiés de racistes que des actes ou paroles d’extrémistes ? Ou alors ça veut dire que la moindre allusion raciste est de suite extrême ?

Moi j'ai surtout l'impression qu'encore une fois, on mélange des choux et des carottes pour dire tout et n'importe quoi. Si on regarde bien les définitions de racisme, haine raciale, xénophobie, ethnocentrisme ou quoi ou qu'est-ce, on se rend compte qu'on a tous pris l'habitude de mélanger tout ça pour s'en faire les définitions qui nous arrangent.

Nous sommes tous racistes.

Queuha !! Nonmaylotre ! Il nous trayte de raston. Tu vas vwar !! Du calme, du calme, ce n'est que mon point de vue mais, surtout, laissez-moi vous l'expliquer.

Loin de moi l'idée de vouloir me comparer à Descartes ou d'autres grands philosophes, je les prends simplement comme exemple pour étayer mes propos.

Descartes, donc, disait ceci à propos du bon sens. Je résume et je traduis en langage du XXIe siècle. Il n'y a pas de personnes dotées de plus ou moins de bon sens, tout comme il n'y a pas de « mauvais sens ». Nous sommes tous dotés de la même quantité de bon sens. Simplement, nous ne nous en servons pas tous de la meilleur des façons. Si, si, c'est la version simplifiée, je vous promets.

Un autre philosophe — mais lui j'ai oublié son nom, Roh le noob !! — disait à propos de l'âme, il n'y a pas de bonne ou mauvaise âme. L'âme n'est que « bonne ». Simplement, les gens mauvais manquent d'âme.

Qu'on soit d'accord ou non avec eux n'est pas le problème. Ce qui est intéressant, c'est qu'ils proposent une vision des choses quelque peu éloignée de la pensée générale et collective, tout en proposant une vision qui reste cohérente. Je vais faire comme eux et proposer une vision alternative pour ce qui est du racisme.

Je pense qu'on ne doit pas avoir une vison binaire de la chose. Il n'y a pas les racistes d'un côté, et les autres. Nous sommes tous racistes, sans exception, mais à des niveaux très différents, qui peuvent aller de « quasiment pas » à « Papa Le Pen fanclub ». Cela peut sembler évident pour certains mais je vous assure, beaucoup ne pensent pas comme ça. Par conséquent, la question à se poser n'est pas, « Suis-je raciste ? » mais plutôt, « A quel point le suis-je ? ».

Les faux-vrais racistes.

On entre ici dans le vif du sujet. On va voir à quel point l'hypocrisie sociétale pousse l'individu à chercher des moyens plus ou moins efficaces de masquer sa véritable nature. Car il s'agit tout simplement de se faire passer pour une personne acceptable et fréquentable par tous les moyens. Rares sont les personnes qui souhaitent volontairement être mises à la marge, la plupart d'entre nous voulons simplement être intégrés dans notre société. On comprend très tôt que les racistes sont des méchants pabo. Partant de là, il y a ceux qui s'en foutent et expriment leurs idées telles quelles, quitte à blesser ou insulter autrui, et qui par-dessus le marché se moquent bien du qu'en dira-t-on. Il y a ceux qui n'ont rien à se reprocher et parlent ouvertement en sachant que le fond de leur pensée n'est pas hostile et tant pis si leurs propos peuvent parfois être mal perçus. Et puis il y a ceux qui inventent des pirouettes afin de s'assurer qu'on ne puisse pas les traiter de racistes.

C'est bien sûr sur cette catégorie de personnes qu'on va s'attarder et je vais vous donner des petits exemples de la vie de tous les jours, des situations qu'on a tous vécues, des phrases qu'on a tous déjà entendues.


Je commence avec un exemple tiré de la série Fais pas ci, fais pas ça mais d'un épisode beaucoup plus ancien. Non, je n'ai pas des actions dans la société de production et non, la série ne parle pas que de racisme. Bande de mauvaises langues. « Papa n'est pas raciste, d'ailleurs il adore les Allemands. »

Bon là, c'est pas terrible. Prendre un contre-exemple ne suffit pas à démontrer qu'une hypothèse est fausse, d'ailleurs on sait tous que la réciproque n'est pas toujours vraie. Même un enfant de dix ans, pour peu qu'il soit pas trop débilos, comprendrais qu'on se fiche de lui.


Il y a ensuite le mensonge ou le déni.

« J'ai dit qu'ils conduisaient vraiment comme des manches ces gens-là. Je parlais des taxis, j'avais même pas vu qu'il était noir. »

Alors là, c'est pas très subtil, c'est pas très recherché, mais ça a l'avantage de se baser sur la bonne foi de la personne. On laissera donc le bénéfice du doute à l'auteur de la phrase.

Il n'a peut-être pas complètement tort.

Vient ensuite, beaucoup plus sournoise, la phrase politiquement correcte.

Souvenez-vous de l'épisode dont je vous ai parlé en introduction. On y trouve ce passage, qui m'a fait pisser de rire :


— On va passer pour quoi nous alors ? Pour des racistes ?
— Non.
— Ah bah si ! Si Charlotte a peur comme ça d'une personne de couleur...
— Mais enfin Renaud sur quelle planète tu vis, là ? On dit pas « personne de couleur », enfin ! On dit black.

Dire black pour parler des noirs. LE truc qui m'horripile au plus haut point. Vous m'excuserez mais il faut que je fasse une petite parenthèse sur cet exemple. Moi je dis noir. Je ne dis pas nègre, ou noirpiaud, ou négro ou quoi que ce soit. Je dis noir parce que la personne est noire. Et je pense qu'aucune personne noire ne sera offensée parce qu'on a dit d'elle qu'elle était noire. Si je dis d'un grand qu'il est grand, ou d'un blond, qu'il est blond, c'est un fait et il n'y a aucun acte ni aucune pensée hostile là-dedans. Alors s'il-vous-plaît, arrêtez de dire « black » ou « renoi » juste parce que ça fait djeun'z, ou juste pour éviter de dire « noir » parce que ça vous met mal à l'aise. La parano du « on va me traiter de raciste » est telle que tout le monde a banni de son vocabulaire le mot noir pour parler d'un noir. Même à la télé ou dans les journaux on dit « black ». Alors je sais pas si c'est pour suivre le mouvement ou bien pour s'attirer la sympathie d'un certain public mais c'est franchement du faux-vrai racisme ! Ça veut dire quoi ? Au fond de nous on est raciste alors on prend des précautions. On remplace tous les mots qui pourraient amener un doute quant à nos pensées, histoire d'être sûr qu'on ne balance pas un truc raciste par mégarde. On ne voudrait surtout pas qu'on croie que ce qu'on va dire est connoté. Quand quelqu'un dit « black » ou « personne de couleur » pour parler d'un noir, j'ai l'impression d'entendre « vous n'avez pas le droit de me traiter de raciste parce que j'ai dit personne de couleur. Nananer-eu.»

Attention tout de même. Dire « jaune » pour parler d'un Asiatique, c'est insultant car concrètement, ils n'ont pas la peau jaune. Également, je ne dirais pas « Africain » à la place de « noir », car il y a des Brésiliens, des Jamaïcains, des Antillais et même des Européens noirs. C'est comme dire Chinois pour parler d'une personne d'origine asiatique. Elle est peut-être Cambodgienne, Japonaise ou Coréenne. Appelons un chat un chat et quand on ne sait pas, on ne dit pas de bêtises.

Ah oui, vous avez remarqué, j'ai cité trois pays à chaque fois, pour pas qu'on me traite de raciste. ^^ C'est comme quand on cite trois marques différentes à la télé pour pas faire de pub. Non mais bon, faudrait pas qu'on accuse le téladiaire quand même ^^.


Bon allez, un dernier petit exemple, je parlerai des blagues racistes.

Caché derrière l'humour, on en profite parfois pour se lâcher complètement. Ça peut être très bien amené, ça peut être très drôle, mais là encore, impossible de savoir si l'auteur porte volontairement ou non une offense. On s'en remet à sa bonne foi. Pire que pour les mensonges, les personnes visées se verront obligées d'accepter l'offense parce que, « rohhhhh, mais c'est de l'humour, c'est bon, ça va ». Par contre, pour les blagues racistes pas drôles, pas de doute. Bannissez-les, quoi qu'il arrive, de votre pensée.

Ces comportements qui à première vue semblent inoffensifs ou emplis de bons sentiments peuvent donc en fait cacher derrière eux un véritable racisme. Car il y a bien un aspect primordial du racisme qui n'est pas décrit dans les définitions sus-citées, c'est qu'il peut être involontaire, inconscient ou bien volontairement mis en forme. Il manque également un autre point. La définition parle de comportements systématiques hostiles et ne dit rien sur la pensée hostile. Les mots ne retranscrivent pas forcément les pensées. Sauf Le Pen qui reprend Taubira (encore elle !), lorsqu'il remplace « noirs » par « nègres » et « homosexuels » par « pédés ». Par conséquent, qu'est-ce qu'une personne qui ne rentre pas dans la définition à proprement parler mais qui tient des propos laissant entrevoir une pensée hostile envers un groupe d'individus ? Je propose, un faux-vrai raciste.

Un racisme polymorphe

Le racisme peut s'exprimer sous des tas de manières différentes. Je ne pourrais pas terminer cet article sans vous avoir parlé d'un certain type de racisme ou d'une certaine forme de racisme si vous préférez. C'est un racisme furtif, qui pourrait presque passer inaperçu mais pourtant un racisme bien présent. Je dirais même que c'est un faux-vrai racisme.

Si on reprend la deuxième définition du dictionnaire, peuvent être qualifiés de racistes tous les actes hostiles visant une catégorie particulière de personnes. Dès lors, quand on insulte, attaque ou critique systématiquement une catégorie bien précise de personnes, on fait preuve de racisme.

On va donc parler ici des racistes des autres régions, des autres métiers. Les racistes envers les joueurs du PSG, les jeunes, les fonctionnaires...

Faycal Fajr. Le petit beurre de Normandie.

Cette forme de racisme est plus subtile et les faux-vrais racistes s'y sentent particulièrement à l'aise car elle ne requiert même pas de fourberie pour faire semblant de ne pas être raciste. Tout simplement parce que la notion raciale disparaît du groupe d'individus ciblé. Si je dis « Paris, ça pue ! » je passe pas forcément pour raciste, pas vrai ?! Pourtant, si je dis, « l'Afrique, ça pue ! » j'ai intérêt à courir vite si je veux pas qu'on me fouette.

Nous avons oublié des parties de la définition du racisme pour ne retenir que celles qui nous intéressent. Exit le « type d'individus ». Le racisme, c'est seulement quand ça concerne une « race ».

HAYBIN NON !!!


Je vais vous donner des petits exemples de réflexions quelconques et vous allez tout de suite comprendre.

Il utilise Windows, donc c'est un boulet, quoi qu'il arrive.

Il utilise la route sur un engin à deux roues motorisé ... hop hop hop hop !! C'est donc un sale con de motard qui fait chier l'honnête automobiliste.

Il est roux donc il pue le rouquemoute.

Non, c'est sûr, à part pour les roux, on peut pas vraiment dire qu'on cible des catégories raciales. Pourtant, il s'agit bien de phrases hostiles envers des groupes d'individus. Donc, ça reste du racisme. On y retrouve l'attitude hostile systématique, les préjugés, une généralisation, une association entre une image perçue et une conclusion simpliste et irréfléchie. Certains se diront, alors si on va par là, dès qu'on fait une critique, on est « raciste ». J'ai critiqué un réalisateur alors je suis « raciste » des réalisateurs ?

Mais non. Il ne faut pas oublier le caractère systématique !


Petite anecdote.

Durant mes études, j'ai fait des tas de collocations. La dernière colloc que j'ai faite, nous étions cinq mecs dans une grande baraque en banlieue parisienne. Deux Ch'tis, un Breton, un Alsacien et moi-même. Alors attention, quand je dis banlieue parisienne, je précise : plateau de Limours, à environ 30 bornes de Paris. Demandez à Google et vous verrez que c'est des champs, des bois, des champs, des fermes, des petits villages et des champs. J'ajoute que c'était une maison au bout d'un petit chemin paumé, à un kilomètre du premier patelin et avec des chevaux dans le pré collé au jardin (véridique !).

Bon, vous aurez compris, c'était la campagne quoi ! Un jour je demande à mes collocs « Alors, comment vous trouvez le coin, la maison, toussa toussa ? ». Et j'ai eu comme réponse : « mouais c'est pas mal mais bon, ce qui est chiant c'est que c'est Paris quoi ». O_O ?!!

Ce qui m'a marqué à cette époque, ce n'est pas le côté réellement hostile. Ils avaient peut-être de bonnes raisons de ne pas aimer Paris mais là, franchement, on se croyait dans le trou du cul de la France. Ce qui m'a marqué c'est donc surtout de voir à quel point on pouvait être à côté de la plaque. C'est comme si j'avais demandé, « vous aimez bien le riz » et qu'on m'avait répondu, « ha non hein, les Chinois ils vont finir par nous envahir d'façon ».

Mmmmmwais. On peut pas nier que y'a un léger rapport... Mais bon, ça fait quand même très réponse réflexe. Un peu comme si elle traduisait une pensée systématique...

La banlieue parisienne, ça pue, c'est sale, c'est gris et c'est que des immeubles.

Entendons-nous bien sur le terme « systématique ». Pour moi ce n'est pas qu'une mesure de fréquence mais aussi de qualité. Ça veut aussi dire, sans analyse, automatique, sans réflexion. Et c'est d'ailleurs ce qui est le plus gênant dans ces comportements. Essayez voir, la prochaine fois que quelqu'un fait une blague sur l'odeur des roux, demandez lui s'il a déjà été sentir un roux de près pour savoir si ça pue. Je vous parie que vous aurez une réponse du genre, « bah non, mais c'est connu ». Alors voilà, on se pose pas de question, on ne cherche pas à se faire sa propre opinion et on mime de façon systématique la majorité.

Après, je comprends qu'on puisse avoir des reproches à faire à une certaine catégorie de personnes. Si c'est le résultat d'un vécu ou d'une réflexion, bah, on peut pas aimer tout le monde non plus, hein.

L'intervention de Dominus Carnufex

Mais qu'est-ce qu'il vient foutre là lui ? Sachez qu'avant de publier des articles, on les présente aux autres rédacteurs et aux correcteurs. C'est l'occasion d'échanger et de peaufiner les articles. Voici le petit échange que nous avons eu.

Dominus — Je ne suis pas d'accord avec le fait d'utiliser le terme racisme pour parler de ça. La deuxième définition du Larousse, c'est une dérive, le terme de racisme doit à mon sens rester limité au cas où c'est la « race » qui est en cause. Dans le racisme, il y a une notion de génétique. Être anti-Parisien n'est pas du racisme, parce qu'être Parisien, c'est avant tout culturel. Il y a d'autres termes, comme la xénophobie, pour les étrangers, quelle que soit la définition de l'étranger. Ou si on veut vraiment recouvrir tous les cas de figure, l'hétérophobie, la haine de ce qui est différent.

Tchemi — Pas de problème pour utiliser un autre terme alors ! Si t'as une idée je suis preneur, je sais que tu adores inventer des mots ^^.

— « Hétérophobie », c'est bien, c'est du grec. Si tu préfères un mot latin, je te propose « altérodie ».

(« Altérodie », ha ouais ? Comment le mec en arrive à « altérodie » ?)

— Mhm... ha ouais. Et sinon ? Comment t'en arrives à « altérodie » ?

Alter, c'est l'autre, odi, c'est haïr et le suffixe -ie sert souvent à former des noms de maladie.

— Mhm, je sais pas. Je crois que je préfère la version grecque. [En vrai, il me saoule avec ses mots latins à chaque fois, pfff, le relou.] Ha ouais mais non. Je pense à un truc. Si l'homophobie est la haine des homosexuels, l'hétérophobie ne pourrait-elle pas être comprise comme la haine des hétérosexuels ? C'est vrai, après tout, homophobie, ce n'est pas avoir peur de tout ce qui est pareil...

— Y'a que les pédés homosexuels qui disent « homophobie » ! :-P Plus sérieusement, c'est une facilité de langage qui n'a pas de raison d'être mais qui est entrée dans les mœurs. Si tu préfères je peux te proposer (merci mon dictionnaire grec sur pattes ^^) alloïophobie.

** Merci Dominus **


Au début je n'avais pas remarqué mais je pense qu'il parle de sa femme lorsqu'il évoque un dictionnaire sur pattes. Sympa le mec. Danturabo viendra nous dire que « xénophobie » ne s'applique pas qu'à des ressortissants de l'Étrangie et qu'il va parfaitement pour décrire les hostilités envers les Parisiens. Mais bon, c'est quand même vachement plus swag de s'inventer des mots. Alors va pour « alloïophobie ». En plus, si on utilisait le mot « racisme » à tout bout de champ pour parler de tout et n'importe quoi, il perdrait de son intensité.

Conclusion.

Rahhh, ça me saoule de faire une conclusion en fait. Comme expliqué dans l'intro, j'espère simplement que cet article vous aura fait réagir et vous aura amené à un regard nouveau sur le sujet. Je ne cherche pas à créer une révolte, je ne cherche pas à rassembler des personnes derrière moi pour livrer un combat. J'essaie simplement de vous montrer qu'on peut discuter de n'importe quel sujet de société, qu'on peut y trouver à redire et, surtout, qu'il est important d'essayer de se faire sa propre opinion des choses.