Salauds de philosophes !

Saviez vous, bande de jeunes geeks, que lorsque vous vous exercez à la programmation vous poursuivez en fait de manière indirecte une tâche initiée par... la philosophie ?

Ah, ça vous en bouche un coin ! Mais laissez-moi vous expliquer...

Dans des temps reculés, au seizième siècle pour commencer, certains penseurs s'interrogèrent sur la nature même des querelles philosophiques. Pour certains, les débats de ce genre étaient intrinsèquement liés à une incompréhension des termes employés par l'un et l'autre des partis plus qu'à une réelle divergence de points de vue. Par exemple lorsqu'on parle de conscience, parle-t-on de la conscience de soi ou bien de la conscience morale ? Le fait de pouvoir prendre ses décisions ou le fait de pouvoir ressentir et analyser le monde extérieur ?

Ainsi, d'éminents philosophes comme Leibniz ou plus tard Frege — prononcer Frégueux, le brave monsieur était Allemand — ont entrepris de constituer un langage purement logique et fondé sur l'exactitude mathématique, qui permettrait par un système de signes ayant une seule et unique signification, interagissant par des connecteurs logiques (« et », « ou », « si », etc.), de pallier aux défauts de la langue ordinaire qui nous feraient parfois « débattre dans le vide ». On parle alors de logique formelle. D'ailleurs ces illustres personnages avaient pour but qu'à terme, on puisse résoudre n'importe quel problème philosophique simplement à l'aide d'un boulier (anecdote véridique !!).

Cependant ce qui fait la faiblesse de notre parler fait aussi sa force et, bien que parfois ce dernier puisse engendrer des confusions, il se révéla bien plus à même de traduire toutes les nuances et subtilités intervenant dans un débat — ou cerveautempêtage, si vous suivez. La logique formelle, quant à elle, se montra inapte à cet exercice, mais évolua pour donner les algorithmes programmatiques utilisés quotidiennement par les ordinateurs ! Et même qu'en cherchant bien, on trouve encore des traces de cette évolution : les booléennes par exemple, dont le nom provient du philosophe mathématicien George Boole.

Je suis sûr maintenant que vous éprouvez une reconnaissance infinie à mon égard pour vous avoir apporté la lumière de la sagesse, je me retire donc avec panache et fierté.